Convention républicaine: Un ancien dirigeant du Ku Klux Klan salue le discours de Trump

ETATS-UNIS Le candidat républicain à la présidentielle a joué sur les peurs et les divisions de la société américaine, jeudi...

Philippe Berry

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Donald Trump est officiellement devenu le candidat du parti républicain, le 21 juillet 2016, lors de la convention de Cleveland.
Donald Trump est officiellement devenu le candidat du parti républicain, le 21 juillet 2016, lors de la convention de Cleveland. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Cleveland (Ohio),

Après une convention qui a parfois flirté avec l’amateurisme (plagiat de Melania, trahison de Cruz), Donald Trump a prononcé avec aplomb le discours qu’il préparait depuis plus d’un an, anxiogène et incendiaire. Et celui qui a le plus apprécié est un ancien dirigeant du Ku Klux Klan.

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« Super discours de Trump ! L’Amérique d’abord ! Arrêtez ces guerres ! Vaincre les élites corrompues ! Protéger notre frontière. Commerce équitable. Je n’aurais pas pu le dire mieux », a tweeté le très controversé David Duke, qui fut grand prêtre du nouveau KKK dans les années 1970. Il a depuis pris ses distances avec l’organisation et gravite aujourd’hui principalement autour des milieux nationalistes de la suprématie blanche.

Ce tweet a été largement repris par le camp démocrate pour mieux attaquer Trump par association. « Est-ce qu’il y a besoin d’ajouter quelque chose ? David Duke a adoré le discours », souligne l’éditorialiste de CNN Van Jones.

« Le discours de Trump reçoit l’approbation enthousiaste de David Duke dont il avait besoin », renchérit le blogueur Matthew Yglesias.

Un soutien embarrassant

Pour Trump, David Duke a toujours été un soutien embarrassant. En février, le candidat républicain avait refusé de le désavouer, s’attirant les foudres de son parti. Il avait alors plaidé « un problème d’oreillette », jurant avoir mal compris la question.

Mais selon Bruce Wilson, chercheur spécialiste des mouvements extrémistes, Trump « entretient le flou » et s’inspire même de certaines figures controversées du « paléoconservatisme » comme William Lind, notamment dans sa guerre contre la culture du politiquement correct et avec sa politique d’immigration anti-musulmans.

Selon le chercheur, Trump a besoin de mobiliser massivement l’électorat blanc, y compris ses franges les plus extrêmes qui votent rarement, s’il veut avoir une chance de contrebalancer ses mauvais chiffres chez les minorités. Cela permet sans doute de mieux comprendre sa tirade, jeudi, sur ces « 180 000 immigrés illégaux qui ont un casier judiciaire, dont la justice a prononcé l’expulsion, mais qui continuent de rôder librement et de menacer les bons citoyens. » La peur a toujours fait vendre.