Convention républicaine: Face au «chaos», Donald Trump promet «de restaurer l'ordre»

ETATS-UNIS Le candidat a officiellement accepté l’investiture du parti républicain sur la scène de Cleveland, jeudi...

Philippe Berry

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Donald Trump est officiellement devenu le candidat du parti républicain à la présidentielle, le 21 juillet 2016.
Donald Trump est officiellement devenu le candidat du parti républicain à la présidentielle, le 21 juillet 2016. — CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

De notre envoyé spécial à Cleveland,

Apocalypse Now. Dans un discours très long et particulièrement anxiogène, Donald Trump s’est posé comme le candidat « de l’ordre et de la loi », mais il a aussi promis d’être « la voix des oubliés ». Après avoir accepté sa nomination avec « gratitude et humilité », le candidat du parti républicain s’est surtout attaqué à Hillary Clinton.

Face au « chaos », Trump veut représenter « l’ordre et la loi »

Trump a brossé un portrait sombre et noir de la situation dans le monde et aux Etats-Unis. « C’est le chaos dans nos rues. C’est le chaos en Irak. Nos policiers sont pris pour cibles. Nos communautés sont déchirées », lance-t-il. « Quand je serai dans le bureau ovale, la criminalité et la violence qui affligent aujourd’hui notre pays prendront bientôt fin. Je serai le président de l’ordre et de la loi », promet-il, reprenant son thème classique « law & order ». Pourtant, dans la réalité, même si les homicides sont en hausse dans quelques villes comme Chicago depuis 2015, les crimes violents ont baissé de près de 30 % depuis 2008, et il y a eu moins de policiers tués pendant le mandat d’Obama que ceux de ses quatre prédécesseurs.

A l’international, « la France, à Paris et à Nice, a été vicieusement frappée par les barbares de Daesh. Nous battrons Daesh, et nous les battrons vite », a promis Trump dans son style caractéristique, sans fournir de détails précis, si ce n’est que les Etats-Unis « auront le meilleur renseignement et la plus grosse armée du monde ».

Le bilan de Clinton ? « Mort, terrorisme, destruction et faiblesse »

Prenant un peu de hauteur, il n’a pas utilisé son surnom préféré (« Crooked Hillary », « Hillary l’escroc »), même si la salle a régulièrement scandé « Enfermez-la, enfermez-la ». Mais selon le candidat républicain, le bilan de l’ancienne secrétaire d’Etat se résume à quatre mots : « Mort, terrorisme, destruction et faiblesse. »

« Avant Clinton, Daesh n’était même pas sur les cartes, la Libye coopérait, l’Egypte était calme et la violence diminuait en Irak. Après ? Daesh s’est répandu sur toute la région, la Libye est en ruines, ils ont laissé mourir notre ambassadeur sans même lui venir en aide, l’Egypte a été offerte aux Frères musulmans et l’armée a dû intervenir, et l’Irak a sombré dans le chaos », tonne Trump, accusant « le terrible jugement » de Clinton.

La doctrine Trump ? « L’Amérique d’abord »

A la place, il promet « d’arrêter de déstabiliser des régimes et de stopper le nation building ». Alors qu’il juge l’Otan « obsolète », il réclame un système « dans lequel chaque nation fait sa juste part ». Chaque décision qu’il prendra sera dictée par un seul principe : « l’Amérique d’abord ». Cette pour cette raison qu'il veut «suspendre l'immigration venant de tous les pays qui ont été compromis par le terrorisme, jusqu'à ce qu'un mécanisme de filtrage soit mis en place.» Cette fois, il n'a pas ciblé directement les musulmans.

Cette approche populiste s’appliquera aussi à l’économie, notamment sur les traités commerciaux, qu’il veut renégocier, draguant les électeurs de Bernie Sanders. Il affirme aussi qu’il empêchera les entreprises de délocaliser, sans expliquer comment. Il s’est enfin posé comme « le champion des oubliés. Je serai votre voix. » Hillary Clinton, elle, a réagi pendant le discours. Son tweet le plus populaire ? « Nous méritons mieux que ça. »