Arménie: La prise d'otages se poursuit et le ton monte dans la rue

VIOLENCES Des dizaines de manifestants protestant contre la gestion du gouvernement d'une prise d'otages ont été arrêtés après de violents affrontements...

20 Minutes avec AFP

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Des heurts ont eu lieu entre policiers et manifestants à Erevan, en Arménie.
Des heurts ont eu lieu entre policiers et manifestants à Erevan, en Arménie. — KAREN MINASYAN / AFP

Des dizaines de personnes ont été arrêtées à Erevan après de violents affrontements la veille entre policiers et manifestants, a annoncé la police arménienne. En cause, la prise d’otages dans un bâtiment de police qui se poursuivait pour le quatrième jour dans la capitale.

Des manifestants ont attaqué mercredi soir à coups de pierres les membres des forces de l’ordre déployés aux abords de l’immeuble à Erevan dans lequel est retranché depuis dimanche un groupe d’hommes armés liés à l’opposition avec quatre otages.

Les manifestants réclament une réponse pacifique

Furieux de la façon dont le gouvernement gère cette prise d’otages, ils ont réclamé que les autorités règlent la crise de manière pacifique.

La police a riposté en utilisant du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes. Au moins 51 personnes, parmi lesquelles 25 policiers, ont été blessées dans ces affrontements, selon le ministère de la Santé.

Quelque 2 000 protestataires ont continué de manifester jusqu’aux premières heures de ce jeudi, en érigeant des barricades, avant d’être dispersés à l’aube par la police antiémeute qui a procédé à des dizaines d’arrestations.

Au moins 15 hommes politiques d’opposition du parti modéré Accord civil figurent parmi les personnes arrêtées, a indiqué aux journalistes son dirigeant, le parlementaire Nikol Pachinian.

Deux haut gradés parmi les otages

Dimanche matin, un groupe d’hommes armés liés à un opposant emprisonné, Jiraïr Sefilian, avait fait irruption dans un bâtiment de la police à Erevan, tuant un policier, prenant plusieurs otages et réclamant la démission du président Serge Sarkissian.

Deux haut gradés, le chef-adjoint de la police nationale Vardan Eguiazarian et le chef-adjoint de la police d’Erevan Valeri Ossipian, font partie des otages.

Les assaillants, qui ont mis la main sur un large arsenal de la police, ont appelé les Arméniens à descendre dans la rue pour soutenir leurs demandes.

Plus de 1 500 personnes sont déjà descendues dans les rues de la capitale arménienne lundi pour protester contre le gouvernement et exiger une résolution pacifique de la crise.

Le département d’Etat américain a condamné ce « recours à la violence » et appelé le gouvernement à « gérer la situation avec une retenue appropriée ».