Plagiat de Michelle Obama: Le speechwriter de Melania Trump s'excuse et offre sa démission

ETATS-UNIS Mais Donald Trump l'a refusée, s'attaquant aux médias...

Philippe Berry, à Cleveland

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Photo montage de Melania Trump (g), femme de Donald Trump, s'adressant à la convention républicaine à Cleveland, et de Michelle Obama, le 25 août 2008 à la convention démocrate pour l'investiture de son mari
Photo montage de Melania Trump (g), femme de Donald Trump, s'adressant à la convention républicaine à Cleveland, et de Michelle Obama, le 25 août 2008 à la convention démocrate pour l'investiture de son mari — ALEX WONG, PAUL J. RICHARDS AFP

Avec une polémique qui refusait de retomber, cela devait finir par arriver : mercredi, le speechwriter qui a signé la version finale du discours de Melania Trump s’est excusé et a offert sa démission à Donald Trump. Mais ce dernier l’a refusée, préférant attaquer les médias.

« En travaillant avec Melania Trump sur son récent discours, nous avons discuté de nombreuses personnes qui l’ont inspirée et des messages qu’elle voulait partager avec le peuple américain. Michelle Obama est une personne qu’elle a toujours aimée. Au téléphone, elle m’a lu certains extraits de discours de Mme Obama comme exemples. Je les ai écrits et ai ensuite inclus le phrasé dans le brouillon qui est devenu le discours final. Je n’ai pas vérifié les discours de Mme Obama. C’est mon erreur et je suis désolée pour le chaos créé, pour Melania et les Trump, et pour Mme Obama. Je n’avais pas l’intention de nuire », a expliqué Meredith McIver dans une déclaration publiée sur le site de Donald Trump et par sa femme sur Twitter.

Donald Trump refuse sa démission

Ancienne danseuse étoile, Meredith McIver est une amie personnelle de la famille, qui a écrit plusieurs biographies de Donald Trump. Elle indique avoir offert sa démission, qui a été refusée par Donald Trump. « Il m’a dit qu’il s’agissait d’une erreur de bonne foi. »

Selon Politico, en privé, Trump est « furieux » que cette erreur ait complètement fait dérailler le message de la première soirée de la convention de Cleveland et le discours plutôt bien accueilli dans la salle de sa femme. Mais sur Twitter, il a accusé les médias « d’avoir passé plus de temps à analyser le discours de Melania que les emails d’Hillary ». Selon lui, l’attention médiatique n’est cependant pas une mauvaise chose « si l’on croit que la mauvaise publicité n’existe pas ».

Un problème d’image

Sur le fond, tout le monde est d’accord : il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau et il y a des problèmes plus importants dans le monde. Mais ce n’est pas la première fois que l’équipe de campagne de Donald Trump est prise en flagrant délit d’amateurisme. Selon un ancien speechwriter de George W. Bush, qui s’explique dans le New York Times, « chaque mot est habituellement vérifié. Cela n’aurait jamais dû arriver. »

Surtout, l’équipe de Trump, qui a démenti bec et ongles un plagiat pourtant évident pendant 36 heures, refuse régulièrement d’admettre les erreurs du candidat (sur sa parodie d’un journaliste handicapé ou les encouragements de Trump à la violence lors de ses meetings, notamment). Dans une joute oratoire avec son directeur de campagne Paul Manafort, le journaliste de CNN Chris Cuomo s’est emporté : « C’est une question de vérité et de mensonge. Il ne s’agit pas d’une opinion. » Touché, comme disent les Américains.