Racisme, haine, injures... Les pires déclarations de la convention républicaine (jour 1)

ETATS-UNIS A Cleveland, les conservateurs sont décomplexés par Donald Trump...

Philippe Berry
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Diana Shores, une déléguée républicaine à la convention de Cleveland, le 18 juillet 2016.
Diana Shores, une déléguée républicaine à la convention de Cleveland, le 18 juillet 2016. — SIPANY/SIPA

De notre envoyé spécial à Cleveland,

Finalement, Donald Trump peut s’estimer heureux que tous les yeux soient tournés sur le « plagiatgate » assez inoffensif du discours de Melania Trump. Car décomplexé par la rhétorique incendiaire du candidat, tout le monde s’est lâché lundi, lors de la première journée de la convention républicaine de Cleveland. Sélection des pires sorties.

1. « L’Occident chrétien » a « contribué davantage à la civilisation » que tout autre « sous-groupe »

Steve King ne se cache plus. Dans un panel NBC, le représentant de l’Iowa a repris des thèses des suprémacistes blancs. « Quel autre sous-groupe a contribué davantage à la civilisation ? », lance-t-il dans une discussion sur les tensions raciales. « Que les blancs ? », demande le journaliste, incrédule. « Que l’occident », répond King, ajoutant ensuite qu’il parle des valeurs « chrétiennes. » Le site Quartz répond avec une trentaine d’inventions comme les mathématiques, l’écriture, l’irrigation, la religion, la musique et la poudre à canon.

2. « Je blâme personnellement Hillary Clinton pour la mort de mon fils »

La convention républicaine a donné la parole à une demi-douzaine de parents éplorés après la mort de leur enfant, victime du terrorisme ou tué par un sans-papier. Pat Smith, la mère d’un des agents de sécurité tué lors de l’attaque de Benghazi « blâme personnellement Hillary Clinton ». L’enquête du congrès a pourtant déterminé que les requêtes pour renforcer la sécurité n’étaient pas parvenues jusqu’au bureau de la secrétaire d’Etat. C’est le créateur de la série The Wire, David Simon, qui le dit le mieux sur Twitter : « La rhétorique qui marie la douleur, la peur et la haine constitue une alchimie politique répugnante. »

3. « Notre père, grâce à ta lumière, nous battrons notre ennemie Hillary Clinton »

Les Etats-Unis ont toujours du mal avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans la politique. D’habitude, les prières restent neutres et visent avant tout à rassembler. Mais le pasteur Mark Burn a donc choisi d’invoquer Dieu contre « l’ennemie » Hillary Clinton, dans la bénédiction « la plus partisane » jamais vue à une convention, selon le site ThinkProgress.

4. « Donald Trump est-il le messie ? »

Voir Scott Baio, l’acteur has been de la sitcom Charles s’en charge, sur scène, a beaucoup fait rire Twitter. Et sa question, demandant : « Donald Trump est-il le messie ? Non, ce n’est qu’un homme. » est le symbole d’une convention transformée en culte de la personnalité. Ou, comme l’écrit le conservateur (anti-Trump) Bill Kristol, d’une « Corée du Nord-isation » de la politique américaine.

5. « Hillary en prison » « Hillary derrière les barreaux », « Hillary en pyjama orange »

Sur la vingtaine d’intervenants, chacun y est allé de sa tirade demandant l’incarcération de la candidate démocrate, dans des attaques ad hominem assumées. Le FBI, puis la justice, ont cependant tranché, estimant que malgré une « négligence extrême » sur ses emails, Clinton ne serait pas poursuivie. Du coup, certains analystes légaux estiment qu’elle serait en droit d’entamer des procès pour diffamation et injure si elle le voulait.