Adlène Hicheur, condamné pour terrorisme en France, expulsé du Brésil

EXPULSION La demande de prolongation de son permis de travail a été rejetée par le Brésil, où il vit depuis 2013...

C. A. avec AFP

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Dessin de presse du procès d'Adlène Hicheur, le 29 mars 2012.
Dessin de presse du procès d'Adlène Hicheur, le 29 mars 2012. — BENOIT PEYRUCQ / AFP

Le professeur franco-algérien Adlène Hicheur, condamné à Paris en 2012 pour terrorisme, a été expulsé dans la nuit de vendredi à samedi du  Brésil vers la France, ont annoncé l’Université de Rio (UFRJ) où il enseignait et la presse brésilienne.

« La direction de l’UFRJ a été surprise ce vendredi par l’avis d’expulsion immédiate du professeur invité Adlène Hicheur, chercheur à l’Institut de Physique », écrit l’Université dans un communiqué diffusé sur son site internet.

Pas de « justifications claires »

Celle-ci fait en outre part de son « extrême inquiétude », déplorant l’absence de « justifications claires » et de respect des « principes démocratiques de base, comme le droit à la défense » dans cette affaire.

« La demande de renouvellement du contrat du professeur Adlène Hicheur a été analysée par plusieurs confrères de l’UFRJ et approuvée par l’Université », ajoute l’institution qui souligne que le Franco-Algérien a été l’auteur d'« articles et (de) découvertes importants dans la physique des particules ».

Selon la presse brésilienne, il a été placé dans un avion pour la France vendredi soir à l’aéroport international de Rio.

Expulsion immédiate

Dans un communiqué publié par le site internet d’informations G1, le ministère de la Justice, « étant donné le rejet de la demande de prolongation du permis de travail dans le pays et dans l’intérêt national, a autorisé l’expulsion immédiate du citoyen franco-algérien Adlène Hicheur ».

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En 2009, l’examen des messages électroniques de ce physicien travaillant au Cern (l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire), à Genève, avait révélé des échanges avec un responsable supposé d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) en vue de la préparation d’attentats en Europe et en France.

Il avait été condamné en 2012 à Paris à quatre ans de prison ferme pour terrorisme, en pleine affaire Merah. Comme il avait déjà accompli deux ans et demi de détention provisoire depuis son arrestation, et avec le jeu des remises de peines, il avait été libéré quelques jours après sa condamnation.

Sécurité renforcée avant les JO

Il s’était installé au Brésil en 2013. En janvier, la revue brésilienne Epoca avait révélé qu’il était surveillé par l’Agence nationale de renseignement (Abin).

Vendredi, le gouvernement fédéral a annoncé le renforcement de son dispositif de sécurité pour les jeux Olympiques de Rio (5-21 août) au lendemain de l’attentat de Nice qui a fait 84 morts et plusieurs dizaines de blessés, et qui a été revendiqué samedi par l’organisation de l’Etat islamique.