Tentative de putsch en Turquie: La purge s'amplifie avec 7.500 gardés à vue

MONDE En Turquie, 7.543 militaires et magistrats ont été placés en garde à vue, et près de 9.000 policiers, gendarmes et fonctionnaires ont été démis...

20 Minutes avec AFP

— 

Un blindé et des forces de l'ordre turcs près du palais de justice d'Ankara en Turquie, où sont interrogés des putschistes, le 18 juillet 2016.
Un blindé et des forces de l'ordre turcs près du palais de justice d'Ankara en Turquie, où sont interrogés des putschistes, le 18 juillet 2016. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

La chasse aux contestataires s’amplifie en Turquie après le putsch manqué contre le président Erdogan. Le pouvoir a intensifié lundi les purges, avec 7.543 militaires et magistrats placés en garde à vue, et près de 9.000 policiers, gendarmes et fonctionnaires démis. Le Premier ministre turc Binali Yildirim a également annulé les congés annuels des trois millions de fonctionnaires turcs.

Cette purge se fera « dans le cadre du droit », a soutenu le chef du gouvernement, en réponse à l’Union européenne et aux États-Unis, qui ont uni leurs voix lundi à Bruxelles pour sommer le régime turc de ne pas tomber dans l’arbitraire.

Inquiétude de l’UE et des Etats-Unis

« Nous appelons fermement le gouvernement de Turquie à maintenir le calme et la stabilité dans le pays, et nous appelons aussi le gouvernement de Turquie à respecter les institutions démocratiques de la nation et l’État de droit », a affirmé le secrétaire d’État américain John Kerry, à l’issue d’une réunion avec ses homologues de l’Union européenne.

>> A lire aussi: Tentative de putsch en Turquie: L'échec du coup d'Etat heure par heure

L’UE a elle aussi signifié à la Turquie qu’un rétablissement de la peine de mort - abolie en 2004 dans le cadre des négociations d’adhésion - lui fermerait la porte du bloc européen.

Recep Tayyip Erdogan avait pourtant évoqué cette éventualité en s’adressant dimanche à une foule de partisans réclamant la tête des factieux.

Question de la peine de mort

Binali Yildirim a soufflé lundi le chaud et le froid, soulignant qu’en la matière il ne fallait pas se précipiter, mais que « la demande du peuple ne peut pas être ignorée ».

La terminologie officielle s’est aussi durcie à l’encontre des rebelles, désormais qualifiés de « groupe terroriste » par le ministère des Affaires étrangères.

Dans les rues d’Istanbul, si l’activité semblait reprendre normalement ce lundi, quelque 1.800 membres des forces spéciales de la police y étaient déployés pour en sécuriser les points sensibles, selon l’agence de presse Anadolu.