Coup d'Etat en Turquie: Comment le putsch turc est-il vraiment réprimé?

AFFRONTEMENTS Les réseaux sociaux et les témoins sur place parlent de militaires lynchés...

Coralie Lemke

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Des opposants au putsch agitent un drapeau turc sur la place Taksim à Istanbul.
Des opposants au putsch agitent un drapeau turc sur la place Taksim à Istanbul. — E. GUREL/AP/SIPA

Alors que le calme gagne peu à peu la Turquie, des zones d’ombres persistent sur ce qu’il s’est réellement passé hier soir à Ankara et Istanbul. Après qu’une partie des militaires a tenté de provoquer un putsch, le président Erdogan a appelé ses partisans à descendre dans la rue pour exprimer leur opposition.

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« La situation était extrêmement tendue. On les entendait crier "Allahou akbar", c’était très particulier », raconte Özgur, un Stambouliote résidant dans le quartier d’Etiler. Il n’a pas fermé l’œil de la nuit. « Depuis hier soir, on entend les minarets diffuser des chants religieux. Ils sont entrecoupés par des exhortations à descendre dans la rue aujourd’hui et demain. Ça ne s’arrête pas. » La journaliste indépendante Laura-Maï Gaveriaux, basée à Istanbul affirme, elle, avoir entendu des slogans islamistes dans les rues.

Depuis hier, la tentative de putsch est durement réprimée. Le Premier ministre turc Binali Yildrim a dressé ce samedi après-midi un bilan de 161 tués et 1.440 blessés, sans compter les putschistes, ainsi que de 2.839 militaires arrêtés. « Des amis à moi, en qui j’ai totalement confiance, m’ont dit qu’ils avaient vu des soldats putschistes se faire trancher la gorge sur le pont du Bosphore », ajoute Özgur. Sur Twitter, de nombreuses photos montrent des corps ensanglantés.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé le président Turc Recep Tayyip Erdogan à traiter les putschistes en respectant les règles de « l’Etat de droit ». En début d'après-midi, le Premier ministre turc évoquait une possible réintroduction de la peine de mort pour les traîtres, indique le Guardian.