Tentative de putsch en Turquie: «Ce matin, les gens restent chez eux et essayent de comprendre la situation »

TEMOIGNAGES Klaxons dans les rues, avions militaires dans le ciel… Après une nuit difficile, le calme semble être de retour, témoignent deux Stambouliotes contactés par « 20 Minutes »…

Coralie Lemke

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Une famille défile avec des drapeaux turcs près du pont du Bosphore à Istanbul.
Une famille défile avec des drapeaux turcs près du pont du Bosphore à Istanbul. — E. GUREL/AP/SIPA

Après la tentative de putsch ratée, perpétrée vendredi soir par une partie des militaires turcs, le pays se réveille dans le flou. Des affrontements violents ont eu lieu à Ankara et à Istanbul mais la situation semble s’apaiser.

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« Il y a eu des affrontements sanglants hier soir. Des lynchages de soldats putschistes ont eu lieu. Ils se faisaient trancher la gorge sur les ponts du Bosphore », raconte Alican Tayla, enseignant à l’Université Paris 13 à Paris et présent à Istanbul depuis vendredi. La nuit a été particulièrement agitée. « Les appels à la prière se sont multipliés pendant plusieurs heures. Ils étaient entrecoupés par des prises de parole de l’imam en turc. Il exhortait les gens à sortir de chez eux », raconte-t-il.

Des avions militaires au-dessus d’Ankara et d’Istanbul

Lors de sa prise de parole vendredi, le président Erdogan incitait ses partisans à descendre dans la rue. Un appel qui a été en partie suivi. « Dans la soirée, on a croisé dans gens dehors qui étaient sortis pour soutenir le gouvernement. On les a aussi entendues klaxonner dans leurs voitures une fois revenus chez nous », témoigne Özgur, un habitant d’Istanbul qui réside dans le quartier d’Etiler.

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Des hélicoptères et des avions militaires ont survolé Ankara durant la nuit. « Il y en avait aussi à Istanbul. On les a entendus au-dessus de la ville », poursuit Özgur.

Ce samedi matin, l’agitation semble se dissiper. « Les rues sont vides, il n’y a ni policiers ni militaires. Les gens restent chez eux et essayent de comprendre la situation », ajoute le Stambouliote qui s’est promené dans le quartier de Bebek, près du Bosphore. « Je devais aller à deux mariages ce week-end mais tous les deux sont annulés. »