Tentative de putsch en Turquie: Que va-t-il se passer maintenant?

INTERNATIONAL Après la tentative de prise de pouvoir par les putschistes vendredi soir, Ankara a répondu par une violente riposte...

Coralie Lemke

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A Ankara, les habitants attendent près du siège de l'état major.
A Ankara, les habitants attendent près du siège de l'état major. — B. OZBILICI/AP/SIPA

La situation reste très floue en Turquie après le putsch tenté vendredi soir par une partie de l’armée. Alors que le dernier bilan s’élève à 90 morts, le Parlement turc s’est réuni en session extraordinaire ce samedi matin. Une réunion, dont l’issue ne fait toutefois pas beaucoup de doute selon les observateurs.

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« Il n’y a rien à attendre de cette rencontre. Tous les partis vont opter pour l’union nationale derrière Erdogan dans le but de maintenir la démocratie », analyse Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales (Ifri). « Tous les partis ont condamné le putsch, après les événements sanglants survenus cette nuit », explique également Alican Tayla, enseignant en relations internationales à l’Université Paris 13 et présent à Istanbul la nuit dernière.

Une purge importante au sein des militaires

En parallèle, une purge importante a lieu dans l’armée. Les autorités turques ont arrêté 1.563 membres des forces armées, a indiqué ce samedi matin un responsable turc. Le général Ümit Dündar, chef de l’armée turque par intérim, a par ailleurs annoncé que 104 putschistes avaient été abattus.

« Les arrestations dans l’armée se poursuivent. La purge des gülenistes (les partisans de Fethullah Gülen, opposant au président Erdogan) est d’ailleurs presque finie. Un grand nettoyage avait déjà eu lieu en 2013 dans la police et les services turcs », explique Dorothée Schmid. Lors de sa conférence de presse donnée la nuit dernière, le président Erdogan avait d’ailleurs affirmé vouloir « nettoyer l’armée ».

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La situation reste tendue

« La situation pourrait bien profiter à Erdogan et à son gouvernement », poursuit Alican Tayla. « On s’attend à une restriction des libertés encore plus importante, comme le rétablissement de la peine de mort ou la prolongation de l’état d’urgence. »

Dans ce contexte explosif, les partisans du PKK, le parti pro-kurde, ne se sont pas positionnés. « Ils font profil bas. C’est un moyen de se protéger. Ils craignent que l’immunité de leurs parlementaires soit menacée », souligne Dorothée Schmid.

En Turquie, la situation reste tendue. « On a le coup d’Etat d’un côté et un renforcement d’un régime conservateur de l’autre côté », résume Alican Tayla.