Attentat de Grand Bassam: Deux militaires soupçonnés d'avoir fréquenté des djihadistes arrêtés

TERRORISME Les deux militaires ont expliqué que « les djihadistes » habitaient leur « quartier (…) depuis longtemps »…

C. A. avec AFP

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La plage de Grand Bassam en Côte d'Ivoire victime d'un attentat, le 14 mars 2016
La plage de Grand Bassam en Côte d'Ivoire victime d'un attentat, le 14 mars 2016 — ISSOUF SANOGO / AFP

L’enquête sur l’attaque de la station balnéaire de Grand Bassam en mars dernier se poursuit. Deux soldats qui ont côtoyé des djihadistes ayant participé à l’organisation de l’attaque qui a fait 19 morts ont été arrêtés pour « violation des consignes militaires », a annoncé ce mercredi le Commissaire du Gouvernement ivoirien (procureur militaire).

Les militaires écroués

« On leur reproche d’avoir cohabité avec ces personnes, d’avoir échangé avec le chauffeur (du commando djihadiste). Ils disent qu’ils ne savaient pas que c’était des djihadistes. On leur répond : "Vous auriez dû savoir" », a expliqué le commissaire du gouvernement Ange Kessi lors d’une conférence de presse à Abidjan.

« C’est une grave erreur, une faute, une infraction militaire que de ne pas avoir dénoncé la présence du conducteur de ce groupe à leurs chefs pour qu’on prévienne ces attentats », a-t-il poursuivi, soulignant qu’ils n’étaient pas accusés de « complicité ».

Les deux soldats, dont un membre de la Garde Républicaine ivoirienne, ont été écroués.

Les djihadistes habitaient le même quartier que les militaires

Les deux militaires ont expliqué aux enquêteurs que « les djihadistes » habitaient leur « quartier (…) depuis longtemps » et que le chauffeur des djihadistes les avait vainement sollicités pour de la drogue, selon Ange Kessi.

Fin juin, le ministre de l’Intérieur du Burkina Faso Simon Compaoré avait indiqué qu’une dizaine de personnes avaient été arrêtées depuis mai dans le cadre des attaques de Ouagadougou (30 morts en janvier) et Grand-Bassam, indiquant que trois d’entre eux étaient liés aux deux attaques. Parmi celles-ci, la soeur du chauffeur « principal » d’une voiture V8 « beaucoup utilisée pour les opérations à la fois au Cappuccino et à Grand Bassam et qui servait à transporter les djihadistes mais également du matériel ».

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L’attaque de Grand Bassam, près d’Abidjan, avait fait 19 morts quand des djihadistes avaient ouvert le feu sur touristes et passants sur la plage et les terrasses du bord de mer. C’était la première attaque de ce type perpétrée sur le sol ivoirien. L’attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Plus de 80 personnes ont été interpellées dans le cadre de ces attentats en Côte d’ivoire, avait expliqué en avril le ministre de l’Intérieur ivoirien, alors que l’enquête a des ramifications allant jusqu’au Mali et Burkina Faso.