David Cameron conseille à Theresa May de rester «aussi proche que possible» de l'UE

POLITIQUE Un dernier conseil avant de laisser la main... 

C. A. avec AFP

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David Cameron a annoncé le 11 juillet 2016 qu'il quitterait son poste de Premier ministre le 13 juillet
David Cameron a annoncé le 11 juillet 2016 qu'il quitterait son poste de Premier ministre le 13 juillet — CHRIS J RATCLIFFE / AFP

Le Premier ministre britannique David Cameron a donné à  Theresa May un dernier conseil avant de tirer sa révérence.

Le conservateur a en effet soufflé mercredi à celle qui va prendre les rênes du gouvernement britannique de rester « aussi proche que possible » de l’Union européenne, malgré le Brexit qu’elle devra mettre en oeuvre.

Une « brillante négociatrice »

Theresa May, ministre de l’Intérieur du gouvernement conservateur sortant, âgée de 59 ans, prendra possession mercredi du 10, Downing Street, moins de trois semaines après le vote des Britanniques pour sortir de l’Union européenne.

Lors de sa dernière séance de questions devant le Parlement, en tant que Premier ministre, David Cameron, de dix ans son cadet, l’a invitée à ne pas complètement tourner le dos aux 27 autres membres de l’union.

« Nous devons essayer d’être aussi proches de l’UE que possible », a-t-il déclaré, en s’adressant à Theresa May qu’il a qualifiée de « brillante négociatrice » et qui sera intronisée dans l’après-midi après que David Cameron aura remis sa démission à la reine Elizabeth II.

La deuxième femme à prendre les rênes de l'exécutif

Theresa May se rendra ensuite à son tour auprès de la souveraine et se verra confier le soin de former le nouveau gouvernement que la presse britannique voit déjà beaucoup plus féminin que le précédent, et assorti d’un ministre tout spécialement chargé du Brexit.

Elle deviendra alors la deuxième femme à prendre les rênes d’un exécutif britannique après Margaret Thatcher (1979-1990), à qui certains la comparent parfois.

Réputée pour sa détermination, sa force de travail mais aussi une certaine froideur, Theresa May, une fille de pasteur, hérite d’un Royaume-Uni que le référendum a laissé sens dessus dessous, entre turbulences économiques et pression des dirigeants de l’UE pour que le Royaume-Uni engage au plus vite la procédure de divorce.

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Quelles relations avec l'Europe ?

« Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès », a assuré Theresa May lundi, ne laissant guère d’espoirs à ceux qui rêvent de voir leur pays rester malgré tout dans le giron européen.

Cette eurosceptique, qui avait rejoint le camp du maintien dans l’UE pendant la campagne référendaire, avait auparavant prévenu qu’elle ne comptait pas activer l’article 50 du Traité de Lisbonne -qui lance le processus de sortie de l’UE- avant la fin de l’année.

Impatients de voir l’exécutif britannique clarifier ses intentions, les dirigeants européens n’ont pas attendu sa prise de fonctions pour présenter leurs doléances.

Des débuts scrutés par les marchés

« Il faut maintenant que chacun se mette dans une position qui va consister à défendre les intérêts et de la Grande-Bretagne d’un côté, et de l’autre les intérêts de l’Europe », a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll.

Un « sommet ou une rencontre » sur les suites du Brexit avec le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Matteo Renzi se tiendra fin août en Italie.

Faisant écho aux propos de David Cameron, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est dit en faveur « de relations aussi étroites que possibles avec le Royaume-Uni ».

Les premiers jours de la nouvelle Première ministre devraient également être scrutés de près par les marchés, en quête de certitudes après le choc du référendum.