L'avocat d'Abrini réclame un seul procès en Belgique pour son client

JUSTICE «Il apparaît du dossier qu'un degré de participation plus important est reproché pour les faits belges», explique l'avocat de Mohamed Abrini...

20 Minutes avec AFP

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Mohamed Abrini et Salah Abdeslam, filmés par la caméra de surveillance d'une station-service à Ressons, lors de leur fuite vers la Belgique.
Mohamed Abrini et Salah Abdeslam, filmés par la caméra de surveillance d'une station-service à Ressons, lors de leur fuite vers la Belgique. — WILLIAM ABENHAIM/SIPA

Il est poursuivi pour son rôle présumé dans les attentats du 13 novembre à Paris et ceux du 22 mars à Bruxelles. L'avocat de Mohamed Abrini souhaite que son client ne soit jugé qu'en Belgique pour l'ensemble des faits qui lui sont reprochés, a-t-il affirmé vendredi au quotidien belge La Dernière Heure.

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«Il apparaît du dossier qu'un degré de participation plus important est reproché pour les faits belges», explique Me Stanislas Eskenazi. «Si, comme le souhaite la France, Mohamed Abrini est jugé en France, il devra ensuite être jugé pour les faits belges», rappelle-t-il.

Jugé en Belgique pour les faits français

«Or, tant la France que la Belgique connaissent les règles du concours d'infraction qui auront pour conséquence que la seconde décision tienne compte de la peine prononcée par la première juridiction», explique l'avocat. «Le risque est donc de donner le sentiment que le second procès soit l'accessoire du premier», argue-t-il.

Me Eskenazi ne s'oppose pas à ce que son client «soit prêté à la France pour le procès», afin que «les parties civiles» obtiennent «des réponses», mais il demande que son client «soit jugé en Belgique pour les faits français» et qu'il purge «sa peine dans son pays d'origine».

«Pour les personnes soupçonnées d'être impliquées tant en Belgique et en France, et quand la plupart de l'instruction est réalisée en Belgique, il me semble relever d'une bonne administration de la justice que la France dénonce les faits à la Belgique et qu'ils soient jugés ici», insiste l'avocat.

Abrini «n'a accès à aucune activité physique»

Sur l'état de son client, il déclare uniquement que «des psychologues ont été désignés pour une expertise». Mohamed Abrini «n'a accès à aucune activité physique», précise-t-il également, interrogé sur la polémique en France sur les conditions de détention de Salah Abdeslam, principal suspect des attentats de Paris. Le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (LR) a regretté qu'il bénéficie d'une «salle de sport» --un simple «rameur», selon le président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Paris, Georges Fenech.

Selon Me Eskenazi, Mohamed Abrini ne peut lui «même pas marcher. Il est confiné à l'isolement, dans sa cellule, 23 heures sur 24. Une heure par jour, il a accès à une cour de 5 mètres sur 5, où il se retrouve seul».