Fukushima: L'accident a dispersé des «billes» de césium radioactif jusqu'à Tokyo

JAPON Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que la majorité du césium relâché dans l’atmosphère se présentait sous forme d’aérosols classiques…

20 Minutes avec agence

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La centrale nucléaire de Fukushima, le 22 février 2016
La centrale nucléaire de Fukushima, le 22 février 2016 — TOSHIFUMI KITAMURA AFP

Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. 89 % des émissions de césium radioactif des trois réacteurs de Fukushima (Japon), dont le cœur a fondu en mars 2011, l’ont été sous la forme de microparticules de verre. Telles sont les révélations faites par une équipe de scientifiques lors de la conférence de géochimie Goldschmidt, organisée du 26 juin au 1er juillet à Yokohama, au sud de Tokyo.

Si l’existence de ces microparticules était connue depuis 2013, les scientifiques pensaient que la majorité du césium relâché dans l’atmosphère se présentait sous forme d’aérosols classiques (particules en suspension dans l’air, solides ou liquides), rappelle Le Monde.

Des traces identifiées à Tokyo

Des traces de ces microparticules de verre ont été trouvées dans des sols de rizières à Okuma, non loin de la centrale. Là-bas, « le sol est fortement contaminé », précise Satoshi Utsunomiya, professeur du département de chimie de l’université de Kyushu.

Mais ces émissions, comprises entre 0,58 et 5,3 micromètres (millionièmes de mètres), n’ont pas seulement contaminé les alentours de la centrale endommagée. En effet, elles ont également été décelées dans des poussières recueillies le 15 mars 2011 par un filtre à air installé dans un arrondissement de Tokyo, soit à 230 km de Fukushima.

Des microbilles « beaucoup plus irradiantes »

Or, ces microbilles de verre sont « beaucoup plus irradiantes » que les autres aérosols. Composées majoritairement de silice mais aussi de fer, de zinc, de plomb et de chlore, elles concentrent une forte quantité de césium 134 et de césium 137.

Le scientifique japonais pense que « leur formation pourrait être le résultat d’une interaction entre les cœurs fondus et le béton des réacteurs » sous une forte température, de près de 2000°C, précise Le Monde.

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Mais selon les experts, cette nouvelle découverte ne rime pas nécessairement avec risques sanitaires. En effet, chez les personnes qui auraient pu être exposées, « l’organisme met en œuvre des mécanismes d’épuration et d’élimination », explique Olivier Masson, spécialiste des aérosols à l’IRSN, cité par le quotidien.