Liban: attentat déjoué contre les Casques bleus

LIBAN L'armée libanaise a annoncé avoir démantelé une cellule terroriste dont le but était de...

De notre correspondant au Liban, David Hury

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Les députés élisent le président à la majorité des deux tiers au premier tour, à la majorité simple ensuite. L'opposition, invoquant une tradition constante, interprète cette règle constitutionnelle comme un quorum des deux tiers, qui lui permettrait d'empêcher l'élection d'un candidat.
Les députés élisent le président à la majorité des deux tiers au premier tour, à la majorité simple ensuite. L'opposition, invoquant une tradition constante, interprète cette règle constitutionnelle comme un quorum des deux tiers, qui lui permettrait d'empêcher l'élection d'un candidat. — Anwar Amro AFP/archives

Les Casques bleus de la Finul renforcée (parmi eux 1.200 soldats français) le savent: leur mission est à haut risque, et les menaces à leur encontre sont sérieuses.

Lundi en fin d’après-midi, l’armée libanaise – qui a fait son retour au Sud-Liban il y a quatorze mois seulement – a annoncé avoir démantelé une cellule terroriste dont l’objectif était de commettre un attentat contre les forces onusiennes.

Cibles faciles

«Nous avons mis la main sur un réseau qui allait passer à l’action, affirme le lieutenant Dagher, de l’armée libanaise. Plusieurs activistes étrangers, dont deux Palestiniens, ont été arrêtés et les explosifs défectueux saisis.» Selon l’armée, l’attaque planifiée devait avoir lieu sur une route côtière fréquentée près de Tyr (Sour).

Le 24 juin dernier, cinq Casques bleus du contingent espagnol avaient été tués dans une attaque similaire. Une voiture piégée avait explosé au passage de leur véhicule blindé dans la vallée séparant Marjayoun de Khiam, au Sud-Liban. Sur le terrain, les convois de la Finul sont en effet des cibles faciles: blindés et jeeps blancs frappés du sigle noir UN sont partout, dans tous les villages.

Pour d’éventuels commanditaires, le bénéfice politique d’un attentat contre la Finul est précieux: envoyer un avertissement à la communauté internationale qui, depuis la résolution 1559 de l’ONU de septembre 2004, a décidé de remettre un peu d’ordre au pays du Cèdre.

Au Liban, cet attentat programmé n’est pas vraiment une surprise. La semaine dernière, le commandant italien de la Finul, le général Claudio Graziano, avait fait part de son inquiétude devant les risques de nouveaux attentats contrer les soldats de la paix. Au même moment, la presse libanaise a publié des informations sur la création au Sud-Liban d’un nouveau groupuscule, les Brigades de la Résistance, proche du prédicateur Fathi Yakan, député libanais, ancien secrétaire général de la Jamaa Islamiya et fondateur en 2006 de l’Organisation islamiste au Liban, un groupuscule sunnite fondamentaliste ouvertement lié à Damas.

Deuxième tour

Les arrestations d’aujourd’hui interviennent alors que le climat politique se crispe à Beyrouth, à huit jours de la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle, autour du bras de fer entre la majorité gouvernementale soutenue par l’axe franco-américain et l’opposition parlementaire soutenue par l’Iran et la Syrie.