Attentat d'Istanbul: L'aéroport Atatürk a rouvert en un temps record

SECURITE Le troisième aéroport le plus fréquenté a rouvert seulement quelques heures après avoir été frappé par un attentat meurtrier mardi soir…

F.F.

— 

L'aéroport Atatürk d'Istanbul a rouvert seulement quelques heures après l'attentat du 28 juin 2016.
L'aéroport Atatürk d'Istanbul a rouvert seulement quelques heures après l'attentat du 28 juin 2016. — OZAN KOSE / AFP

Six petites heures. C’est le temps qu’il a fallu à l’aéroport Atatürk d’Istanbul pour rouvrir après l’attentat qui l’a frappé ce mardi soir, tuant au moins 41 personnes. Trois kamikazes se sont fait exploser dans le terminal international de cette aérogare ultramoderne qui accueille chaque année 61,3 millions de passagers.

Alors que l’aéroport de Zaventem, à Bruxelles, avait mis plus d’une semaine à rouvrir après l’attaque du 22 mars, Atatürk a accueilli un avion en provenance de Tokyo, au Japon, dès 4h du matin. Dès ce mercredi, les usagers de l’aéroport ont pu croiser le personnel chargé de gommer les stigmates des attaques de la veille : débris, vitres brisées, impacts de balles, rubalise jaune pour marquer une scène de crime…

Retards et annulations

L’accueil du public a été rendu possible par la réorganisation des vols, qui a été mise en place rapidement. Toutes les compagnies aériennes assurant l’acheminement des courriers depuis et à destination d’Istanbul ont reçu des notifications de la part de l’aviation civile turque, leur indiquant que l’aéroport était fermé jusqu’à 20h, heure locale.

« Nous avons été obligés de dérouter notre vol de mardi soir vers Sofia. Depuis, nos vols ont dû être annulés », explique un porte-parole d’Air France. La compagnie assure trois vols Roissy-Istanbul par jour, et autant en sens inverse. « Seul le vol de ce mercredi à 18h50 (heure de Paris) en direction d’Istanbul a été maintenu. »

La compagnie Turkish Airlines, basée à l’aéroport Atatürk, a également été obligée d’annuler certains vols et d’en retarder d’autres. Tous les vols de ce mercredi à destination de la capitale turque semblent toutefois avoir été maintenus.

Des raisons opérationnelles

Certaines raisons opérationnelles peuvent expliquer la reprise rapide de l’activité d’un aéroport. Les avions de Turkish Airlines par exemple, sont basés à Atatürk. Si plus aucun avion ne décolle, plus aucune place de parking ne se libère pour accueillir les avions de Turkish Airlines. Encore moins pour ceux d’autres compagnies. D’où l’obligation pour Atatürk, le 3e aéroport le plus fréquenté après Heathrow et Roissy, de relancer rapidement le trafic afin de désengorger l’aérogare.

Côté dégâts matériels, la situation ne semble pas avoir nécessité de transférer les avions vers les terminaux non endommagés par les explosions. « Pour le moment, aucun changement ne nous a été communiqué par Istanbul. Nous arrivons au même endroit que d’habitude », indique le porte-parole d’Air France.

« Résilience ou résignation » ?

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont salué la « résilience » des Turcs, après cette rapide rouverture.

Certains se sont également interrogés sur le travail jugé trop rapide de la police scientifique.

« Sans prendre la peine de recueillir des preuves, vous balayez tout, c’est fini ! » D’après Reuters, un internaute s’est d’ailleurs pris en photo avec ce qui semble être une douille.