Attentat à Istanbul: «Des attaques abominables» condamnées, la piste Daesh évoquée

REACTIONS Si la Turquie évoque Daesh, la communauté internationale reste, pour l’heure prudente...

L.Be. avec AFP
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François Hollande (g) et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan au G20 de Saint-Pétersbourg en Russie, le 5 septembre 2013
François Hollande (g) et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan au G20 de Saint-Pétersbourg en Russie, le 5 septembre 2013 — Eric Feferberg AFP

Qui est derrière le triple attentat-suicide à l’aéroport international Atatürk d’Istanbul ? Si l’attaque qui a fait au moins 36 morts n’a pas encore été revendiquée ce mercredi, elle semble porter la marque de l’organisation Etat islamique. « Les indices pointent Daesh », a souligné dans la nuit le Premier ministre, Binali Yildirim, le visage grave, devant la presse sur les lieux de l’attaque. La communauté internationale reste, pour l’heure prudente.

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Depuis Bruxelles, le Président français, François Hollande, n’a pas tardé à « condamner » cet « acte abominable », restant toutefois prudent. A l’issue du premier jour du sommet européen à Bruxelles, il a dit ignorer « qui étaient les terroristes qui ont pu commettre cet acte », réaffirmant sa volonté de faire « faire tout ce qu’il est possible d’engager contre le terrorisme notamment dans cette région ». De même, à Washington, un porte-parole de la Maison Blanche a condamné ces attaques « abominables » tout en promettant le soutien des Etats-Unis à Ankara, rappelant que de telles attaques « ne font que renforcer notre détermination à travailler avec le gouvernement turc pour contrer le fléau du terrorisme et soutenir tous ceux qui dans la région travaillent à promouvoir la paix ».

Le rôle ambigu de la Turquie évoqué

De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lui aussi réclamé une coopération internationale accrue, indiquant espérer « que les auteurs de ce crime seront identifiés et poursuivis en justice ».

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Si, seule la Turquie a évoqué de manière claire la piste de Daesh, plusieurs personnalités politiques françaises ont rappelé le rôle ambigu du pays. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, en tête. « Evidemment qu’on condamne ce qui s’est passé à Ankara. Ce n’est pas le premier attentat et ce ne sera sans doute pas le dernier mais je veux aussi dire que l’attitude de la Turquie depuis le début de la crise en Irak et en Syrie a été tellement ambiguë. » « On se souvient tous de ces images où, alors que Daesh était en train de martyriser les villes de l’autre côté de la frontière, ils empêchaient les combattants kurdes, les combattants de la liberté d’aller renforcer leurs frères qui se faisaient massacrer. »

Marine Le Pen a repris l’argument. « La Turquie a eu un comportement pour le moins ambigu à l’égard de l’Etat islamique. Dans le cadre de la lutte contre les Kurdes, ils sont à tout le moins suspectés d’avoir pendant des mois facilité (…) le travail de l’Etat islamique. »