Turquie: 32 tués dans un triple attentat-suicide à l'aéroport Ataturk d'Istanbul

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Des secours et la police à l'aéroport d'Istanbul après le triple attentat qui a fait au moins 28 morts et plus de soixante blessés, le 28 juin 2016 Lancer le diaporama
Des secours et la police à l'aéroport d'Istanbul après le triple attentat qui a fait au moins 28 morts et plus de soixante blessés, le 28 juin 2016 — OZAN KOSE AFP

Au moins 32 personnes ont été tuées mardi soir dans un triple attentat-suicide survenu dans l'aéroport international Ataturk d'Istanbul, la plus grande ville de Turquie déjà ensanglantée par des attaques meurtrières ces derniers mois, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Un précédent bilan fourni par le gouverneur de la première mégapole de Turquie, Vasip Sahin, faisait état de 28 morts et de 60 blessés.

"Trois kamikazes ont mené une attaque", avait indiqué Vasip Sahin aux journalistes.

Les trois kamikazes ne sont pas repris dans le bilan des morts.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté à une "lutte commune" internationale contre le terrorisme, dans un communiqué publié après l'attentat d'Istanbul.

Selon les autorités, des explosions ont d'abord eu lieu à l'entrée du terminal des vols internationaux vers 22H00 (19H00 GMT). Les assaillants ont mitraillé des passagers ainsi que des policiers en faction, une fusillade a éclaté et les kamikazes se sont fait sauter.

L'attentat n'avait pas été revendiqué trois heures plus tard et des responsables turcs ont estimé prématuré de l'attribuer au jihadisme, tandis que l'agence de presse Dogan évoquait la piste du groupe Etat islamique, en citant des policiers.

La télévision a diffusé des images très impressionnantes sur lesquelles on voit un policier tirer sur un terroriste puis celui-ci, blessé, tomber au sol en actionnant sa charge.

Un grand mouvement de panique s'est emparé du terminal des vols étrangers lorsque deux violentes explosions suivies de coups de feu ont d'abord été entendues.

Plus d'une dizaine d'ambulances ont été dépêchées sirènes hurlantes vers le terminal des vols internationaux, a indiqué la chaîne d'information CNN-Türk, tandis que de nombreux policiers se trouvaient sur les lieux.

"C'était très fort, tout le monde a paniqué et s'est mis à courir dans toutes les directions", a déclaré l'un d'eux sur CNN-Türk au sujet des deux violentes déflagrations.

- Rebelles kurdes ou jihadistes -

Tous les vols ont été suspendus au départ d'Ataturk, le plus grand aéroport de Turquie et le 11e dans le monde, qui a vu transiter l'an dernier quelque 60 millions de passagers.

"Je peux confirmer que tous les vols vont être reroutés sur les aéroports environnants", a déclaré un responsable aéroportuaire à l'AFP.

Le Premier ministre Benali Yildirim est immédiatement parti d'Ankara pour Istanbul tandis qu'une réunion de crise a été organisée ans la capitale autour de plusieurs ministres.

De nombreux policiers déployés sur les lieux ont établi un périmètre de sécurité, selon les images, au tour duquel étaient rassemblés des groupes de personnes.

Des photos diffusées sur les réseaux sociaux montraient d'importants dégâts matériels à l'intérieur du terminal et des passagers gisant au sol.

Abdullah Agar, un expert des affaires de sécurité et de terrorisme, interrogé par CNN-Türk, a privilégié la thèse d'un attentat jihadiste.

"Cela ressemble beaucoup à leurs méthodes", a-t-il dit, en référence aux attaques survenues dans l'aéroport et le métro de Bruxelles. L'aéroport de la capitale belge, frappé le 22 mars dernier, a d'ailleurs adressé ses condoléances à la Turquie sur Twitter.

Un autre aéroport d'Istanbul, Sabiha Gokcen, avait été la cible en décembre d'un attentat qui avait fait un mort, un employé.

Les consulats américain et français ont conseillé à leurs ressortissants de ne pas se rendre dans la zone de l'aéroport.

Les deux plus grandes villes de Turquie, Istanbul et Ankara, ont été secouées depuis l'an dernier par une vague d'attentats qui a fait plus de 200 morts et des dizaines de blessés.

Ceux-ci ont souvent visé des lieux touristiques emblématiques -- provoquant une chute rapide du tourisme - ou les forces de sécurité turques.

Ils ont été attribués à l'EI -- qui n'en a jamais revendiqué aucun - ou aux rebelles kurdes, notamment aux TAK, une émanation du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan qui a repris les armes il y a un an contre le pouvoir turc après un cessez-le-feu de deux ans.