Un homme armé lors de l'attaque contre la mission diplomatique américaine à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012.
Un homme armé lors de l'attaque contre la mission diplomatique américaine à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. — AFP

ETATS-UNIS

800 pages et rien de neuf contre Clinton dans le rapport sur Benghazi

La candidate démocrate ressort renforcée après la publication des conclusions de la commission d'enquête du Congrès...

Tout ça pour ça. Après deux ans d’enquête et sept millions de dollars du contribuable dépensés, la commission du Congrès américain sur l’attaque à Benghazi de 2012, qui s’était soldée par la mort de quatre Américains dont l’ambassadeur Chris Steven, a publié son rapport, mardi. Et malgré ses 800 pages, il ne révèle rien de neuf sur le rôle de l’ancienne secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. A l’offensive, la candidate démocrate a estimé qu’il était temps « de passer à autre chose ».

Le rapport républicain renforce la thèse que l’administration américaine a été trop lente à mesurer la montée du danger pesant sur ses diplomates en Libye. Et qu’elle a été trop rapide à attribuer les faits à une poussée de colère isolée, au lieu de reconnaître qu’il s’agissait d’une attaque terroriste.

Une réponse plus rapide n’aurait pas sauvé les quatre Américains

Le rapport épingle à la fois le département d’Etat, celui de la défense et la CIA. Mais même s’il estime que la réponse militaire a été trop lente pour porter secours à la mission diplomatique, simplement protégée par quelques anciens marines déployés via une société privée de sécurité, le rapport reconnaît qu’une riposte plus rapide n’aurait pas sauvé par la vie des quatre Américains tués dans l’attaque menée par une milice djihadiste.

Le rapport accuse l’administration Obama de ne pas avoir été transparente dans les jours qui ont suivi l’attaque, en pleine campagne face à Mitt Romney. Des responsables de la Maison Blanche avaient d’abord blâmé une manifestation contre un film islamophobe produit aux Etats-Unis, qui aurait dégénéré. Or le rapport des républicains met en évidence que beaucoup dans l’administration ont très vite su qu’il s’agissait d’une "attaque terroriste" planifiée, et non une poussée de colère localisée.

« Hillary Clinton pas qualifiée pour être présidente »

Sans surprise, les réactions sont restées très partisanes. « Le rapport nous dit ce que nous savions déjà : Hillary Clinton n’est pas qualifiée pour être présidente », accuse l’ancien candidat républicain Marco Rubio.

Hillary Clinton, elle, estime qu’il est temps « de passer à autre chose ».

Le porte-parole de la Maison Blanche, lui, a directement attaqué les républicains. « Ils ont voulu faire baisser la popularité d’Hillary Clinton dans les sondages. Reste à voir s’ils ont réussi », ironise Josh Earnest, alors que la démocrate compte 7 % d’avance sur Donald Trump dans les sondages.