Brexit: Les leaders en faveur de la sortie de l'UE rétropédalent sur leurs promesses

ROYAUME-UNI L’après-Brexit s’annonce compliqué pour ceux qui ont fait campagne pour une sortie du pays de l’Union européenne…

20 Minutes avec AFP

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Des militants pour le Brexit à Harlow (Royaume-Uni), le 22 juin 2016.
Des militants pour le Brexit à Harlow (Royaume-Uni), le 22 juin 2016. — L. Cometti / 20 Minutes

Ils ne s’y étaient pas préparés. Les leaders du camp du Brexit sont à la peine après leur victoire surprise et commencent déjà à rétropédaler sur leurs promesses, lancées pendant la campagne sans savoir s’ils pourraient les tenir.

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  • « Les 350 millions de livres », « une erreur » de campagne

Le renflouement du service public de santé par redistribution de l’argent donné à Bruxelles était un des arguments phares qui ont largement contribué à l’adhésion des électeurs au plan de sortie de l’UE. Aujourd’hui, le slogan « Donnons les 350 millions de livres que nous versons chaque semaine à l’UE à notre système de santé » a disparu du site de la campagne « Vote Leave », menée par Boris Johnson, de même que les autres engagements.

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Dès le lendemain du scrutin, Nigel Farage, le chef du parti europhobe Ukip, reconnaissait à la télévision que cette promesse « était une erreur de la campagne du Leave ». Interrogé par la BBC, l’ex-ministre du Travail de David Cameron, Iain Duncan Smith, s’est enferré dans un raisonnement confus pour finir par dire qu’elle faisait partie « de toute une série de possibilités », déchaînant les sarcasmes.

  • Pas de réduction « drastique » de l’immigration

Deuxième grande promesse : la réduction drastique de l’immigration venue de l’UE. L’eurodéputé conservateur et militant du Leave, Daniel Hannan, a carrément déclaré sur la BBC qu’après le Brexit il y aurait « la libre circulation du travail ».

« Nous n’avons jamais dit qu’il y aurait un déclin rapide de l’immigration », a-t-il ajouté. « Si les gens qui nous regardent pensent qu’ils ont voté pour avoir une immigration zéro de l’UE, ils vont être déçus », a-t-il ajouté. « Nous voulons juste un pouvoir de contrôle ».

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  • Incertitude sur le maintien dans le marché unique

Les « Brexiters » veulent évidemment conserver l’accès au marché unique. Mais la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu ce mardi que le Royaume-Uni ne pourrait pas « choisir à la carte » de garder les privilèges qu’il avait au sein de l’UE, tout en renonçant à ses obligations.

« Les Brexiters ont gagné le référendum mais ils n’ont absolument aucune idée de ce qu’ils vont faire. Ils n’ont aucun plan », a assuré l’ex-Premier ministre écossais Alex Salmond.

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