Avion de chasse abattu par la Turquie: Ankara fait marche arrière et affime qu'elle ne proposera aucune «compensation» à la Russie

DIPLOMATIE Le Premier ministre turc est revenu sur ses propos formulés la veille...

20 Minutes avec AFP

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Les présidents russe et turc Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le 16 novembre 2015 à Antalya, en Turquie.
Les présidents russe et turc Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le 16 novembre 2015 à Antalya, en Turquie. — Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a exclu mardi que la Turquie soit prête à verser des compensations à la Russie pour  l’avion militaire russe abattu par la Turquie en novembre 2015 lors d’une mission en Syrie, revenant sur ses propos formulés la veille.

« Il n’est pas question d’indemniser la Russie, nous leur avons seulement fait part de nos regrets », a-t-il dit, cité par la chaîne d’information CNN-Türk au sujet de cette affaire qui a provoqué une grave crise diplomatique entre les deux pays qui sont aujourd’hui sur la voie d’une normalisation.

Marche arrière

Lors d’un entretien lundi soir à la chaîne publique turque TRT, le Premier ministre avait affirmé quela Turquie était prête, « si nécessaire », à verser des compensations à la Russie.

Toutefois la présidence turque a indiqué qu’Ankara n’en était pas à ce stade. « Nous n’avons pas d’accord pour payer des compensations », a indiqué à l’AFP une source de la présidence, évoquant « une confusion » lors de l’entretien accordé par Yildirim.

Ankara avait exclu des excuses et des compensations à Moscou.

Poutine et Erdogan s’entretiendront mercredi

« Je pense que nous avons trouvé un accord sur cette affaire. Nous allons tourner la page et continuer notre chemin », a ajouté le Premier ministre.

Le président russe Vladimir Poutine appellera mercredi son homologue turc mais « la normalisation » des relations entre les deux pays prendra du temps, a prévenu pour sa part mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Un responsable turc a indiqué que lors de cet appel Poutine exprimerait sa « gratitude » à son homologue turc.

Le 24 novembre 2015, un bombardier russe Su-24 avait été abattu par l’aviation turque près de la frontière syrienne, provoquant la mort du pilote, tué alors qu’il retombait en parachute après s’être éjecté.

La Turquie avait assuré que l’appareil russe avait violé son espace aérien. En riposte, Moscou avait adopté des mesures de rétorsion, essentiellement commerciales, envers la Turquie.