Etats-Unis: Renault-Nissan accusé de bafouer la liberté syndicale dans une usine américaine

AUTOMOBILE Des syndicalistes américains vont manifester ce mardi devant le siège du groupe automobile français…

H. B.

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Carlos Ghosn à Tokyo en 2015.
Carlos Ghosn à Tokyo en 2015. — Shuji Kajiyama/AP/SIP

Le constructeur automobile français Renault-Nissan est en pleine tourmente. Il est accusé, outre-Atlantique, de bafouer les libertés syndicales dans la plus importante usine Nissan des Etats-Unis. Des syndicalistes américains s’apprêtent d’ailleurs à manifester ce mardi devant le siège de Renault en France pour dénoncer ces pratiques « antisyndicales », révèle Le Parisien.

Une délégation de l’UAW (United Auto Workers), l’un des principaux syndicats de la branche automobile aux Etats-Unis, espère pouvoir s’entretenir avec le PDG Carlos Ghosn, qui sera présent ce mardi au comité de groupe de Renault qui se tiendra à Boulogne-Billancourt.

Des intimidations

« Nous n’avons jamais pu dialoguer avec la direction de Nissan. Ils n’ont cherché qu’à intimider les salariés de l’usine, à les déstabiliser, n’hésitant pas à faire du chantage à l’emploi, leur faisant croire que si un syndicat venait à se créer au sein de l’usine cela la mettrait en danger », explique au Parisien Richard Bensinger, porte-parole de l’UAW.

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Depuis l’ouverture en 2003 de l’usine Nissan de Canton (Mississippi), où travaillent quelque 5.000 salariés, le constructeur automobile s’est clairement prononcé contre l’implantation d’un syndicat, et notamment de l’UAW. Pour cela, la direction use de tous les moyens pour intimider les salariés, et joue également sur le droit américain. Aux Etats-Unis, l’implantation syndicale n’est pas garantie par la loi mais il est nécessaire, en revanche, que 30 % des salariés d’une entreprise se déclarent en faveur de la création d’une section syndicale.

35 députés français interpellent Carlos Ghosn

Les syndicalistes américains sont soutenus par les fédérations françaises de la métallurgie de la CFDT, la CGT, FO et de la CFE-CGC.

Plusieurs députés français ont par ailleurs adressé la semaine dernière au patron de Renault-Nissan une lettre dénonçant les pressions de la direction sur les salariés. « Nous exigeons que l’alliance Renault-Nissan permette aux salariés américains d’organiser des élections syndicales libres, non faussées et dégagées de toute pression de la direction », ont notamment écrit Bruno Le Roux, président du groupe socialiste, Cécile Duflot et Noël Mamère, députés écologistes et Vincent Peillon, eurodéputé socialiste.