Brexit: Quel impact pour les étudiants français et britanniques?

EDUCATION A moyen terme, le « out » aura une incidence sur les échanges d’étudiants entre la France et le Royaume-Uni…

Delphine Bancaud
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l'Université d'Oxford.Le 22/06/16. David Hartley/Shutterst/SIPA
l'Université d'Oxford.Le 22/06/16. David Hartley/Shutterst/SIPA — David Hartley/Shutterst/SIPA

Vent de panique aprèsle Brexit pour les étudiants français qui sont au Royaume-Uni actuellement ou qui comptent s’y rendre bientôt et pour leurs homologues britanniques qui poursuivent leur cursus dans l’Hexagone ou souhaitent le faire. 20 minutes fait le point sur l’incidence du « out » pour eux.

Les échanges Erasmus + sont-ils en danger ?

Près de 20 % des étudiants français qui partent étudier à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus + le font au Royaume-Uni et quelque 30 % des étudiants britanniques en font de même en France. Ce qui explique les fortes inquiétudes des étudiants après le « out » prononcé par les Britanniques, qui craignent que le Royaume-Uni sorte du programme Erasmus +. Les étudiants voulant partir outre Manche ou les Anglais voulant étudier chez nous ne seraient alors plus éligibles à la bourse Erasmus (entre 150 et 300 euros par mois pour une mobilité d’études et entre 350 et 450 euros pour un stage) et ne pourraient plus être exonérés des frais d’inscription à l’université britannique (actuellement ils payent juste l’inscription à l’université française).

 

Selon Jean-Loup Salzmann, le président de la conférence des présidents d’universités (CPU), le Brexit « n’aura pas de conséquence pour l’année universitaire en cours ou en 2016/17 ». Une information confirmée à 20 minutes par le secrétariat d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur : « Il ne faut pas s’affoler car les négociations pour définir les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne dureront à minima deux ans ». D’ici là, les échanges étudiant se feront donc dans les mêmes conditions que précédemment concernant les formalités de séjour, les droits d’inscriptions et les bourses auxquelles peuvent prétendre les jeunes en mobilité. Pour la suite, il ne faut pas crier au loup non plus, selon le secrétariat d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur : « sur les 32 Etat participant aux programmes Erasmus +, cinq ne sont pas membres de l’ Union Européenne et des accords avec ces pays permettent aux étudiants de s’y rendre dans les mêmes conditions », explique-t-on.

Faudra-t-il un visa pour séjourner au Royaume-Uni ?

Sans doute. Et certains craignent que cette contrainte administrative soit un frein pour les étudiants désireux de se rendre outre Manche : « Typiquement, à Oxford et dans d’autres universités, six universitaires sur dix viennent d’Europe et s’ils doivent faire une demande de visa pour étudier au Royaume-Uni, ce sera dissuasif », estime Chris Patten, ancien membre de la commission européenne auTelegraph.

Les droits de scolarité seront-ils beaucoup plus chers ?

A terme, pour les Français, sans doute. Car aujourd’hui, en tant que membre de l’Union européenne, l’étudiant français paye des frais d’inscription moins élevés. Mais dans quelques années, il devra payer les frais d’inscription bien plus lourds, car il sera considéré comme « étudiant international ». Sauf si la France et le Royaume-Uni signent un accord bilatéral prévoyant des mesures spécifiques sur ce point.

Les diplômes obtenus au Royaume-Uni seront-ils toujours reconnus ?

Pas automatiquement. Car aujourd’hui, un diplôme décroché au sein dans un Etat membre de l’UE est reconnu systématiquement par les 27 autres pays. Et ce grâce au système d’ECTS (European credit transfer system), mis en place en 1989. Ce qui permet ensuite d’exercer moult professions en Europe. Mais dans quelques années, il faudra a priori que les établlissements français et britanniques signent ensemble des accords de reconnaissance des diplômes. Des complications en perspectives…