VIDEO. Brexit : Les eurosceptiques européens crient victoire et appellent à un référendum dans leurs pays

EUROPE Plusieurs leaders européens ont appelé ce vendredi matin à un référendum dans leurs pays sur une éventuelle sortie de l'Union européenne (UE), faisant grandir les craintes sur le futur de l'unité européenne…

20 Minutes avec AFP

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L'eurodéputé Marine Le Pen, présidente du FN avec les eurodéputés Janice Atkinson et Geert Wilders; le 16 juin 2015 à Bruxelles.
L'eurodéputé Marine Le Pen, présidente du FN avec les eurodéputés Janice Atkinson et Geert Wilders; le 16 juin 2015 à Bruxelles. — Virginia Mayo/AP/SIPA

« Victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l’UE », a déclaré la présidente du parti français d’extrême droite Front National (FN) Marine Le Pen sur son compte Twitter.

« Ce que nul n’osait envisager il y a encore quelques mois est une réalité qui s’impose à tous : « oui, il est possible de sortir de l’UE ». Contrairement à ce que l' » UMPS », les médias ressassent sans cesse, pour les pousser au renoncement, l’UE, pas plus que l’euro qui en est une des composantes, ne sont irréversibles », a affirmé vendredi matin la patronne du FN lors d’une conférence de presse au siège du parti à Nanterre, répétant sa volonté d’un référendum sur l’appartenance de la France à l’UE si elle était élue présidente après « six mois » de négociation avec Bruxelles.

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L’extrême-droite neerlandaise en faveur d’un « Nexit »

« L’élite europhile a été vaincue. Les Britanniques montrent à l’Europe le chemin vers le futur et la libération », a déclaré le député néerlandais d’extrême droite Geert Wilders.

Alors que les Pays-Bas comptent parmi les six pays fondateurs de l’Union européenne, comme la France, ce député, connu pour sa rhétorique anti-islam, réclame un « référendum sur un "Nexit", une sortie néerlandaise de l’UE ».

L’UE fait face à des divisions profondes sur la manière de gérer la crise migratoire, la plus importante sur le continent depuis la Seconde Guerre mondiale, mais aussi les problèmes financiers de plusieurs pays membres, dont la Grèce.

Geert Wilders, dont le parti est invariablement placé en tête des sondages, assure qu’il y aura un référendum aux Pays-Bas s’il devient Premier ministre aux élections attendues en mars : « Nous voulons être chargés de notre propre pays, notre propre monnaie, nos propres frontières et avec notre propre politique d’immigration ».

« Retour de manivelle »

Nombreux sont ceux qui craignent un effet domino poussant d’autres Etats membres à quitter l’UE, suivant l’exemple de la Grande Bretagne et portant un coup plus terrible encore au projet européen.

« L’Union européenne, on la change ou on la quitte », a pour sa part lancé le candidat d’extrême gauche à l’élection présidentielle française Jean-Luc Mélenchon, relançant son appel à la « sortie des traités européens ».

Selon le candidat de « la France insoumise », qui récolte 10 à 15 % des intentions de vote au premier tour dans les sondages, le Brexit signe « le début de la fin d’une époque ».

« Bien sûr, la caste des eurolâtres ne tiendra aucun compte de ce qui vient de se passer et continuera de fustiger les "extrêmes", le "repli sur soi" et l’amour des peuples pour leurs libertés et dignité sociale. Plus dure sera leur chute », a-t-il conclu vendredi matin lors d’une conférence de presse et dans un billet posté sur son compte Facebook.

En Italie, Matteo Salvini, dirigeant du parti eurosceptique et anti-immigration de la Ligue du Nord, a salué sur Twitter le « courage des citoyens libres » face aux « mensonges, menaces et chantages » : « merci Royaume-Uni, maintenant, c’est à notre tour. »

« C’est formidable que les auteurs de cette campagne d’intimidation aient subi un retour de manivelle », a déclaré le Parti populaire danois, parti de droite populiste, qui plaide pour un référendum sur une renégociation en vue d’obtenir « une collaboration moins contraignante avec l’UE ».

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Appels à la démission

Le président du Parti de gauche suédois Jonas Sjöstedt a également appelé le gouvernement de Stockholm à « renégocier » ses conditions d’adhésion à l’Union, afin de « réduire le pouvoir de l’UE ».

En Allemagne, Frauke Petry, chef du parti populiste de droite AfD, souhaite « une Europe des Patries » : « Si l’UE n’abandonne pas (…) son expérience quasi socialiste de l’intégration toujours plus poussée, les peuples européens vont reprendre leur souveraineté à la manière britannique ».

Des appels de démission à l’encontre du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du président du Parlement européen Martin Schulz ont également émergé.

« Le peuple a été interrogé et a tranché. L’UE a échoué. Juncker et Schulz sont responsables, ils doivent démissionner », a lancé sur Facebook une autre dirigeante de l’AfD, Beatrix von Storch.

Le président du parti d’extrême droite autrichien FPÖ, Heinz Christian Strache, a demandé leur démission par « décence et aussi par respect pour un meilleur avenir de l’Europe ».

Si l’UE « s’obstinait dans son refus des réformes, voire envisageait d’intégrer la Turquie, alors un vote de l’Autriche sur son appartenance à l’UE deviendrait un objectif », a-t-il ajouté dans un communiqué.