Brexit: A deux jours du référendum, le camp du «in» a le vent en poupe mais garde la tête froide

REPORTAGE «20 Minutes» a suivi ce mardi des bénévoles «pro-Remain» (pour « rester » dans l’UE) dans les rues de Londres...

Laure Cometti

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Une Londonienne se renseigne auprès du stand installé à Camden (Londres, Royaume-Uni) par des militants anti-Brexit.
Une Londonienne se renseigne auprès du stand installé à Camden (Londres, Royaume-Uni) par des militants anti-Brexit. — L. Cometti / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale à Londres (Royaume-Uni),

C’est la dernière ligne droite. A deux jours du référendum historique sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni dans l’Union européenne (UE), le camp proeuropéen intensifie sa campagne, galvanisé par iles derniers sondages et le ralliement de nouveaux soutiens médiatiques.

Des bénévoles très organisés

Dans le quartier de Camden à Londres, ils sont une bonne dizaine de bénévoles ce mardi après-midi à distribuer aux nombreux passants autocollants imprimés d’un « IN » en majuscules bleu et rouge et argumentaires proeuropéens sur ce carrefour animé. C’est à peine si les coordinateurs « terrain » de Britain Stronger in Europe (la plateforme anti-Brexit) prennent le temps de répondre à la presse, tant ils veulent concentrer toute leur énergie à mobiliser les électeurs.

Très organisés, notamment grâce aux réseaux sociaux, les bénévoles sont déterminés à intensifier leur campagne. « Il faut continuer sans cesse à appeler les gens à aller voter, en étant visible, en tractant du matin au soir dans les rues ». De nature pessimiste, Alastair martèle « Get out the vote » (« Inciter les électeurs à voter ») comme un mantra pour conjurer l’abstention, une expression abrégée outre-manche en GOTV.

« Inciter les électeurs à voter », tel est le mot d’ordre jusqu’à jeudi, 22 heures, à la fermeture des bureaux de vote. Pour y parvenir, une batterie de bénévoles se livre ce mardi aux dernières opérations de phonebanking, sorte de démarchage téléphonique dont le but est de s’assurer des disponibilités de bénévoles supplémentaires le jour du scrutin.

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« Les derniers sondages nous ont revigorés »

Ces nouveaux bras seront plus que nécessaires notamment pour lutter contre l’abstention des plus jeunes électeurs. « Les jeunes britanniques sont très largement proeuropéens, mais ils ont tendance à ne pas aller voter. Or c’est notre future qui va se jouer jeudi », déplore Harry, étudiant de 21 ans. 

« Nous quadrillerons la ville pour demander aux gens s’ils sont allés voter et les aider à trouver leur bureau de vote », explique Dan avec enthousiasme. Contrairement à son aîné, cet étudiant membre de l’organisation pro-UE Students for Europe est optimiste. « Le Remain bénéficie depuis quelques jours d’un élan positif qui nous a revigorés ».

La semaine dernière, les pro-Brexit avaient le vent en poupe mais les derniers sondages donnent un léger avantage au camp du Remain, après le meurtre de la députée proeuropéenne Jo Cox, le 16 juin. Et le ralliement récent du footballeur-star David Beckham n’est pas anecdotique dans ce pays où le foot est presque une religion.

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Convaincre les indécis

Pas question toutefois de crier victoire trop tôt, même si à Londres, ville-monde, les pro-Remain sont en terrain plutôt conquis. Dans le reste de l’Angleterre, l’euroscepticisme s’exprime davantage. « Cela fait 30 ans au moins que la défiance vis-à-vis de l’UE progresse dans notre pays, allons-nous pouvoir enrayer cela en quatre mois de campagne pro-UE ? », s’interroge Alastair.

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Autre défi des militants dans ces derniers jours cruciaux: convaincre les indécis. « Tous âges confondus, il y a encore beaucoup d’électeurs indécis, plus de 10 %, ce qui est très important », renchérit Dan. « Je suis vraiment très hésitante », avoue, presque gênée, Jennifer. « Je crois que je finirai par me décider dans l’isoloir », confie-t-elle, comme d’autres électeurs que 20 Minutes a rencontré à Glasgow et dans la capitale britannique.

Pour se décider, ils pourront suivre le débat organisé ce mardi soir au stade de Wembley par la BBC. Le chef de file des pro-Brexit Boris Johnson et ex-maire de Londres, et son successeur à la mairie, le travailliste Sadiq Khan, s’affronteront devant 6.000 personnes.