Les scénarios catastrophes du Brexit à l’étranger

UNION EUROPEENNE Les économies irlandaise, belge et néerlandaise seraient les premières impactées, la Suède pourrait demander à quitter l’UE aussi...

O. P.-V.

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Treize prix Nobel britanniques ont mis en garde contre un Brexit qui mettrait la recherche scientifique du Royaume-Uni «en péril».
Treize prix Nobel britanniques ont mis en garde contre un Brexit qui mettrait la recherche scientifique du Royaume-Uni «en péril». — PHILIPPE HUGUEN AFP

Les Britanniques décideront jeudi s’ils souhaitent rester dans l’Union européenne. Si les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni sont difficiles à mesurer pour le pays, l’impact sur ses voisins européens est encore plus flou. Revue des options les plus pessimistes en cas de Brexit.

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  • Les Pays-Bas, l’Irlande et la Belgique premiers touchés économiquement

Par rapport à la taille de leur économie, les Pays-Bas seraient les plus touchés par une sortie du Royaume-Uni de l’UE. « L’économie néerlandaise est plus connectée à l’économie du Royaume-Uni via le commerce qu’à celle de l’Union européenne dans son ensemble », exposait un rapport publié le 9 juin par le Bureau central du Plan néerlandais, qui s’inquiète d’un possible recul du PIB de 1,2 % d’ici 2030, soit 10 milliards d’euros. Le trafic de navires commerciaux par la mer du Nord entre les Pays-Bas et le Royaume-Uni serait le premier impacté. Le rapport prévoit une perte de 450 à 1000 euros par citoyen néerlandais.

En Irlande, outre le rétablissement de contrôles d’identité à la frontière avec l’Irlande du Nord, le Brexit provoquerait un retour des barrières douanières. Or 1,2 milliard d’euros d’échanges commerciaux sont effectués chaque semaine entre les deux pays. En 2012, 19 % des exportations irlandaises étaient à destination du Royaume-Uni (38 % pour les autres pays de l’UE). Craignant le scénario catastrophe, même l’héritier de la dynastie Guinness a appelé au « remain ».

La Belgique complète le trio des pays les plus exposés, « du fait de leurs exportations et de leurs investissements croisés avec le Royaume-Uni », selon une étude de l’assureur Euler Hermes diffusée en mai. Le commerce avec l’économie britannique, son quatrième client, a rapporté 17 milliards d’euros à la Belgique en 2014, qui a de son côté importé pour 11,9 milliards d’euros depuis le Royaume-Uni.

  • L’Allemagne et la France devraient combler un budget européen sérieusement amputé

Pour les deux moteurs économiques de l’UE, l’Allemagne et la France, l’impact serait moindre. La première serait quand même la plus touchée en volume, toujours selon l’étude de Euler Hermes, avec une chute d’au moins 6,8 milliards d’euros de ses exportations de marchandises. Mais en proportion, cela reste inférieur aux trois pays précités. La France elle perdrait environ 3,2 milliards d’investissements britanniques dans son économie. Pour l’économiste Catherine Mathieu, interrogée par Le Figaro, « l’effet dépressif sur le PIB français pourrait aller jusqu’à 0,3 % ».

Le problème pour les économies allemande et française se poserait surtout au moment d’établir un budget européen post-Brexit. Le Royaume-Uni est le deuxième contributeur net, derrière l’Allemagne et à égalité avec la France. 5,8 % des dépenses de l’UE sont dues à l’argent britannique. Français et Allemands seront attendus afin de combler ces éventuelles pertes.

Les Suédois voudraient quitter l’UE selon un sondage

Peut-être un effet domino ? Pour le moment, les électeurs suédois sont plutôt bien dans l’Union européenne. 44 % d’entre eux souhaitent y rester, et 32 % en sortir. Mais l’hypothèse d’un Brexit fait réfléchir dans le nord de l’Europe. Un sondage de l’institut suédois SIFO montrait fin avril que l’opinion publique s’inverserait si les Britanniques quittaient l’UE. 36 % des Suédois sondés voudraient faire de même, 32 % souhaitant rester dans l’Union.