La femme de Serge Atlaoui affirme qu'il n'est «pas protégé»

INDONESIE Sabine Atlaoui insiste sur la nécessité « d’être discret, pour le protéger et pouvoir avancer d’une manière plus approfondie et plus diplomatique »...

C. A.

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Serge Atlaoui et son avocate Nancy Yuliana à Jakarta, en Indonésie, le 1er avril 2015.
Serge Atlaoui et son avocate Nancy Yuliana à Jakarta, en Indonésie, le 1er avril 2015. — ROMEO GACAD / AFP

« La France fait tout pour que Serge Atlaoui puisse rester en vie », avait assuré en juin 2015 François Hollande. Un an après cette déclaration, la femme du Français condamné à mort pour trafic de drogue en Indonésie et dont un dernier recours a été rejeté, s’est confiée au micro de RTL.

Une discrète voie diplomatique

Dans l’ombre, Sabine Atlaoui explique qu’elle se bat toujours pour son mari. Elle raconte que Serge « n’est pas protégé » et insiste sur la nécessité « d’être discret, pour le protéger et pouvoir avancer d’une manière plus approfondie et plus diplomatique » dans ce dossier extrêmement sensible.

Ainsi, le « travail de fond » continu pour elle comme pour les avocats en charge de la défense du Français, a-t-elle expliqué en marge du sixième congrès international contre la peine de mort qui se tient jusqu’à jeudi à Oslo, en Norvège, et auquel elle participe.

« Il faut vraiment creuser cette question, savoir ce que ça évoque et qui sont vraiment les victimes », dit à propos de la peine de mort celle dont l’époux est emprisonné depuis 10 ans.

Paris reste discret

RTL rappelle qu’il y a deux mois, lors d’une tournée en Europe, le président indonésien Joko Widodo a indiqué en privé à Berlin, à Londres ou encore Bruxelles, qu’aucun ressortissant des pays qui n’appliquent pas la peine de mort ne devrait figurer sur une troisième liste d’exécution.

>> A lire aussi : Son recours rejeté, que peut encore espérer Serge Atlaoui ?

Il était initialement prévu que Serge Atlaoui soit exécuté le 29 avril 2015 avec huit autres condamnés à mort pour trafic de drogue mais son nom avait été retiré de la liste au dernier moment, les autorités invoquant alors cette procédure en cours. Serge Atlaoui, soudeur de profession, affirme qu’il n’a fait qu’installer des machines industrielles dans ce qu’il croyait être une usine d’acrylique, et qui abritait en réalité un laboratoire clandestin d’ecstasy.

Parallèlement aux efforts judiciaires, le gouvernement tente lui aussi d’obtenir de faire pression sur l’Indonésie pour qu’Atlaoui obtienne un nouveau procès tout en restant très discret sur cette affaire.