Centrafrique: Des soldats français visés par une enquête pour sévices physiques

SANGARIS La justice française a ouvert la semaine dernière une enquête préliminaire, notamment pour « violences volontaires en réunion »…

20 Minutes avec agences

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Des soldats français de l'opération Sangaris patrouillent le 4 décembre 2014 à Bangui, en Centrafrique
Des soldats français de l'opération Sangaris patrouillent le 4 décembre 2014 à Bangui, en Centrafrique — PACOME PABANDJI AFP

Après les récents scandales d’abus sexuels, des soldats de la force Sangaris en Centrafrique sont cette fois mis en cause dans une affaire de violences physiques.

La justice française a ouvert la semaine dernière une enquête préliminaire, notamment pour « violences volontaires en réunion » ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours, « séquestration avec libération volontaire », « menaces avec armes » et non-assistance à victime.

Deux Centrafricains passés à tabac début 2014

Des soldats sont en effet soupçonnés d’avoir commis ou laissé commettre un passage à tabac sur deux ressortissants centrafricains dans un poste de contrôle à Bangui, début 2014.

L’enquête, ouverte à la suite d’un rapport de commandement du ministère français de la Défense transmis à la justice, a été confiée à la gendarmerie prévôtale, chargée des investigations sur les crimes et délits commis par des militaires lors d’opérations extérieures.

Une procédure disciplinaire engagée

L’affaire avait été révélée début juin par Ouest-France. « Au vu de la gravité des faits », le ministère de la Défense avait annoncé avoir pris « des mesures de suspension » à l’encontre de cinq militaires français de la force Sangaris en Centrafrique. Les accusations concernent des soldats du 2ème régiment d’infanterie de marine (2e Rima), basé dans l’Ouest de la France.

Une procédure disciplinaire a également été engagée, pouvant aboutir à une éviction de l’armée, selon le ministère. Quatre autres militaires font aussi l’objet de sanctions parce que, « tout en ayant eu connaissance des faits, ils n’en ont pas rendu compte ». Ces sanctions, qui comprennent des jours de mise aux arrêts, ne prévoient pas leur renvoi mais vont sérieusement entraver leur carrière, a indiqué l’entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.