Venezuela: La pénurie de nourriture provoque la colère des habitants

ECONOMIE 2.779 manifestations liées aux différentes pénuries ou lacunes des services publics se sont déroulées entre janvier et mai…

20 Minutes avec agences
Manifestation de l'opposition à Caracas, au Venezuela, le 18 mai 2016
Manifestation de l'opposition à Caracas, au Venezuela, le 18 mai 2016 — JUAN BARRETO AFP

Mercredi, trouvant à nouveau des rayons vides, des Vénézuéliens de tous les âges ont spontanément fait éclater leur colère contre le gouvernement et le président socialiste près du quartier populaire de Petare. Parmi eux, José Salazar agitait ses billets et bloque une avenue de Caracas mercredi pour protester contre la pénurie d’aliments. « Je fais quoi avec cet argent ? », demandait le retraité vénézuélien, avec une dizaine d’autres personnes.

254 pillages ou tentatives

Il a confié à l’AFP qu’il était en quête de nourriture pour lui et sa famille, dans un pays victime de l’inflation (180,9 % en 2015, 700 % cette année, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI).

Ainsi, l’Observatoire vénézuélien de la conflictualité sociale, une ONG, a dénombré 254 pillages ou tentatives au cours des cinq premiers mois de l’année. Et 172 manifestations contre le manque d’aliments au cours du mois de mai.

Des mobilisations quotidiennes

Avant d’être dispersé par les forces de l’ordre, Tairon Rincon, un autre manifestant, exigeait mercredi du président Maduro de « trouver une solution ». « On a faim, on veut de la nourriture. »

Ces mobilisations improvisées sont devenues quotidiennes dans plusieurs villes du pays, comme à Los Ruices, quartier de classe moyenne de la capitale où une autre avenue a été prise d’assaut par des manifestants.

Un premier feu vert pour l’organisation d’un référendum

Mercredi, près du quartier populaire de Petare, les manifestants scandaient : « Dehors Nicolas Maduro ! », « référendum ! », en référence au processus en cours visant à révoquer le chef de l’Etat.

En effet, l’opposition vénézuélienne a obtenu mardi le premier feu vert des autorités électorales pour l’organisation de ce référendum révocatoire, premier pas d’un long processus pouvant mener à de nouvelles élections.

Des provisions jugées trop faibles

Tous les 21 jours, des sacs du gouvernement contenant du riz, du lait et des haricots arrivent pour venir en aide à la population. Ils sont distribués depuis le mois d’avril via des comités de citoyens appelés Clap (Comités de fourniture et de production) : mais ils ne sont pas assez garnis et sont distribués au compte-gouttes en fonction des préférences politiques.

L’idée du président socialiste Nicolas Maduro était de contourner la contrebande, responsable selon lui des rayons quasi vides des supermarchés. L’observatoire vénézuélien de la conflictualité sociale a estimé que 2.779 manifestations liées aux différentes pénuries (aliments, médicaments, pneus) ou lacunes des services publics (eau, électricité) se sont déroulées entre janvier et mai.

« Le Venezuela est victime d’une guerre économique quotidienne, d’une pénurie provoquée, d’une monopolisation des produits » a expliqué le vice-président du gouvernement Aristobulo Isturiz, qui tient les chefs d’entreprise de droite pour responsables de la crise.