Brésil: Le flic anti-corruption était lui-même un ripoux

JUSTICE Le « Japonais de la fédérale » était adulé jusqu’à sa chute…

20 Minutes avec AFP

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Newton Ishii (à gauche) lors de l'arrestation de Joao Viccari, le trésorier du Parti des Travailleurs, en avril 2015.
Newton Ishii (à gauche) lors de l'arrestation de Joao Viccari, le trésorier du Parti des Travailleurs, en avril 2015. — GERALDO BUBNIAK / BRAZIL PHOTO PRESS / AFP

Le Brésil a lui-aussi droit à son affaire Neyret. En effet, Newton Ishii, un policier qui était devenu le symbole de la lutte anticorruption au Brésil en passant les menottes à de nombreux responsables dans l'affaire Petrobras, a lui-même été condamné pour corruption, a-t-on appris mercredi.

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Connu comme le « Japonais de la Fédérale», ce membre de la Police fédérale (PF) d'origine japonaise, est devenu une vedette ces derniers mois au Brésil. Il est en effet apparu sur toutes les images d'arrestations dans le cadre de l'opération Lava Jato, qui enquête sur le gigantesque scandale de corruption autour du groupe pétrolier public Petrobras.

Même Lula le réclame

Lors d'une visite au Congrès récemment, des dizaines de parlementaires s'étaient ainsi empressés de prendre des selfies avec lui. «Où est le Japonais de la Fédérale?», s'était écrié l'ex-président Lula le 4 mars lorsque la police était venue frapper à sa porte pour l'emmener faire une déposition, selon le quotidien Folha de Sao Paulo.

Ce policier grisonnant, toujours en gilet pare-balles et lunettes de soleil, est devenu une figure de la culture populaire, et même le personnage principal d'une nouvelle érotique, Prends-moi, Japonais de la Fédérale (écrite par Renata Del Anjo). Et une chanson en son honneur a été créée pour le dernier Carnaval.

Tombé pour contrebande

Mais avec sa condamnation mardi à Curitiba dans l'Etat brésilien du Parana (sud-est), annoncée par la presse locale, ce n'est plus la même chanson. Il a été condamné en appel à plus de quatre ans de prison pour avoir trempé dans une affaire d'aide à la contrebande via la frontière avec le Paraguay, selon son avocat, Oswaldo de Mello Junior.

Les internautes s'en sont donné à coeur joie sur les réseaux sociaux en rebondissant sur ce fait divers, sous le mot-clef #japonesdafederal. Certains se lamentaient de l'état de corruption du pays symbolisé par la chute de cette icône, quand d'autres donnaient dans le sarcasme, avec notamment une photo où l'on voit le «Japonais de la Fédérale» en uniforme emmenant le citoyen Newton Ishii en tenue civile.