Hommage à Anna Politkovskaïa, morte il y a un an

RUSSIE La foule dans le centre de Moscou ne fait pas oublier que l'enquête autour de l'assassinat de la journaliste russe n'a pas été élucidée...

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Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Moscou sous forte surveillance policière pour rendre hommage à la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée il y a tout juste un an.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Moscou sous forte surveillance policière pour rendre hommage à la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée il y a tout juste un an. — Alexey Sazonov AFP

Hommage à Anna Politkovskaïa, la journaliste russe assassinée il y a tout juste un an, le 7 octobre 2006, dans l’entrée de son immeuble. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche 7 octobre 2007 dans le centre de Moscou sous forte surveillance policière alors qu'un écran géant diffusait des images montrant la journaliste et de précédentes manifestations d'opposition.

"Il y a un an, Anna Politkovskaïa a été tuée de manière méprisable. Elle est morte en tentant de défendre la dignité humaine de tous les citoyens. Son nom est devenu synonyme de la plus haute autorité morale", a déclaré Mikhaïl Kassianov, ex-premier Ministre.
Une exposition de photos de Tchétchénie a également été organisée en l'honneur de Mme Politkovskaïa sur une place proche du Kremlin. "Je pense que c'est la meilleure façon de se souvenir d'elle, de son travail, de montrer que son travail n'est pas mort", a expliqué Tatiana Lokchina de l'ONG Demos, l'une des organisatrices de l'exposition. L'ancien champion d'échecs Garry Kasparov, leader du mouvement d'opposition l'Autre Russie, a apposé une plaque à son nom dimanche sur le mur de l'immeuble où elle vivait, avant de déposer une gerbe de roses devant sa porte. "Les gens sous-estiment l'importance de ce qu'elle a fait", a-t-il estimé, avant de rappeler que le président russe Vladimir Poutine célèbrait ses 55 ans ce même dimanche.

Retour sur une enquête qui n'avance pas…
La mort d’Anna Politkovskaïa n’a toujours pas été élucidée. La journaliste avait continué à couvrir le conflit en Tchétchénie, lancé en 1999, et à dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme.

En septembre, un ex-responsable de l'administration tchétchène pro-russe, Chamil Bouraev, a été inculpé de complicité d'assassinat dans ce crime. Avant cela, le 27 août, le Parquet avait annoncé l'arrestation d'une dizaine de suspects, dont des membres du ministère de l'Intérieur et du FSB (ex-KGB). Mais deux suspects ont été relâchés et le rôle d'un officier du FSB reste trouble, ajoutant aux doutes suscités par un remaniement au sein de l'équipe d'enquêteurs et des critiques sur la solidité des preuves.

La Russie, un pays dangereux pour les journalistes

Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ), la Russie est le pays le plus dangereux pour les journalistes après l'Irak et l'Algérie. Le comité fait état de 42 journalistes tués en Russie depuis 1992, dont 13 depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000.
«Quasiment aucun meurtre de journaliste n'a été résolu en Russie», rappellait déjà en août Oleg Panfilov, directeur du Centre du journalisme en situations extrêmes, qui recense les atteintes à la liberté de la presse en Russie