Primaire démocrate: Hillary Clinton entre dans l'histoire, mais Bernie Sanders ne se démonte pas

ETATS-UNIS Obama, qui a félicité Hillary Clinton, recevra Bernie Sanders à la Maison Blanche jeudi pour jouer les conciliateurs...

Philippe Berry

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Bernie Sanders et Hillary Clinton, le 7 juin 2016.
Bernie Sanders et Hillary Clinton, le 7 juin 2016. — PHOTOMONTAGE / PHOTOS AFP-SIPA

Sauf coup de théâtre monumental, Hillary Clinton sera bien la candidate du parti démocrate à la présidentielle. Elle devient la première femme en position de briguer la Maison Blanche, un moment qu’elle a qualifié « d’historique », mardi soir. Avec ses victoires dans le New Jersey, au Nouveau Mexique, dans le Dakota du Sud et en Californie (dont les résultats sont parvenus plus tard dans la nuit de mardi), elle a éteint les derniers espoirs de Bernie Sanders. Mais dans un discours tardif très remonté, ce dernier a refusé de capituler, promettant à ses supporteurs : « Nous continuons le combat jusqu’à la Convention »

Sanders l’a lui même rappelé, « je ne suis pas mauvais en arithmétique, je sais que le combat sera très difficile ». C’est un euphémisme. Alors qu’il ne reste plus qu’un seul scrutin anecdotique dans le District de Colombie, le 14 juin, Hillary Clinton a remporté :

  • la majorité des délégués attribués dans la primaire (« pledged delegates »).
  • la majorité absolue totale, en tenant compte des « super-délégués », qui ne sont pas élus.
  • la majorité absolue du vote populaire, à 56 % contre 44 % à Sanders.
  • les deux tiers du vote des militants démocrates (Sanders a surtout été soutenu par les encartés indépendants)
  • 15 des 20 Etats les plus peuplés.

Les yeux braqués sur Donald Trump

Dans son discours, elle a frontalement attaqué Donald Trump, « qui n’est pas qualifié pour être président à cause de son tempérament », selon elle. Elle a longuement listé les sorties du candidat républicain, sur un juge d’origine mexicaine, notamment, mais aussi sur les hispaniques et les musulmans, sous les huées de la foule.

Sanders, lui, a laissé la porte ouverte à une réconciliation, promettant : « Nous ne laisserons jamais Donald Trump devenir président des Etats-Unis. » Mais en refusant de capituler, il veut sans doute forcer Hillary Clinton à mettre le cap à gauche et pas au centre, comme de coutume.

Obama félicite Clinton, recevra Sanders jeudi

Barack Obama a félicité Hillary Clinton « pour avoir remporté assez de délégués et sécurisé la nomination », et Bernie Sanders « qui a énergisé des millions de démocrates ». Le président recevra le candidat jeudi, à la Maison Blanche, pour « parler de l’avenir ». Et sans doute le pousser à ne pas attendre la Convention pour soutenir Clinton.

A l’heure actuelle, 25 % des supporters du candidat socialiste affirment qu’ils ne voteront pas pour Hillary Clinton. Mais le chiffre était presque le même en 2008, quand Clinton avait perdu au bout du suspense face à Obama. Et au final, la famille démocrate s’était finalement rassemblée...