Accusé par son propre camp d'être raciste, Donald Trump calme le jeu

ETATS-UNIS Le républicain s'est pris les pieds dans le tapis en critiquant l'objectivité d'un juge d'origine hispanique...  

Philippe Berry

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Donald Trump lors d'un meeting à San Jose, en Californie, le 2 juin 2016.
Donald Trump lors d'un meeting à San Jose, en Californie, le 2 juin 2016. — J.HONG/AP/SIPA

Le ton a brusquement changé. Après plus d’une semaine passée à attaquer l’objectivité d’un juge d’origine hispanique dans l’affaire « Trump University », Donald Trump a fait machine arrière, mardi. Selon Politico, le changement de stratégie s’explique par un brutal rappel à l’ordre du parti républicain, alors que de nombreuses voix conservatrices, notamment celle de Paul Ryan, ont dénoncé des remarques « racistes ».

Dans un communiqué au ton assez inhabituel pour un candidat qui préfère habituellement en rajouter une couche, Trump explique que ses remarques ont été « mal interprétées ». « C’est malheureux que mes propos aient été perçus comme une attaque contre les origines mexicaines. Je suis ami et j’emploie des milliers de personnes d’origines mexicaines et hispaniques », écrit-il. Il promet encore « de ne plus parler de l’affaire » jusqu’à l’audience, fin novembre, qui doit déterminer si le cursus proposé à Trump University, un établissement non accrédité, était une arnaque.

« C’est un juge Mexicain et je veux construire un mur »

Trump avait commencé par dénoncer un « conflit d’intérêts absolu » pour le juge Curiel à cause « de ses origines mexicaines ». Puis il avait persisté dans une interview sur CNN, expliquant : « C’est un Mexicain, et nous voulons construire un mur » à la frontière.

Le premier problème, c’est que le juge est né dans l’Indiana, de parents mexicains. Et « prétendre qu’une personne ne peut pas faire son travail en raison de son origine ethnique relève du cas d’école d’un commentaire raciste. Je pense que cela doit absolument être désavoué", a réagi mardi le président de la Chambre, Paul Ryan, qui venait juste d’apporter son soutien officiel à Donald Trump.

« Pas de place pour le racisme au sein du parti »

Dans la foulée, le sénateur républicain de l’Illinois Mark Kirk, qui avait été l’un des premiers à apporter son soutien public à Donald Trump, s’est rétracté. « Donald Trump n’a pas le tempérament pour assurer le commandement de notre armée et de notre arsenal nucléaire », a-t-il tweeté. L’ancien candidat Newt Gingrich, pourtant fervent supporteur de Trump, a dénoncé des remarques « inexcusables ».

Du côté des anti-Trump, Jeb Bush estime qu’il « n’y a pas de place pour le racisme au sein du parti républicain ou dans ce pays » et Lindsay Graham appelle ses collègues à retirer leur soutien au candidat milliardaire. Bref, c’est le grand bazar, à tel point que le président du parti républicain, a rappelé à l’ordre Donald Trump, selon Politico. L’été promet.