La Grande-Bretagne devrait payer des milliards en droits de douane pour Londres en cas de Brexit

ECONOMIE L’OMC alerte les Britanniques sur les conséquences fiscales d’un Brexit…

A.Ch. avec AFP

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La campagne pour le Brexit. Illustration
La campagne pour le Brexit. Illustration — PAUL ELLIS / AFP

Should I stay or should I go? Le 23 juin, les Britanniques devront se prononcer sur le maintien de leur pays dans l’Union européenne. En cas de Brexit, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a averti que les exportateurs de Grande-Bretagne risquent de payer 5,6 milliards de livres (7,2 milliards d'euros) par an de droits de douane supplémentaires.

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Négocier de nouveaux accords commerciaux

Lors d'un discours qu'il doit prononcer à Londres, et dont l'AFP a obtenu copie, Roberto Azevedo, le directeur générale de l’OMC, souligne qu'en cas de sortie de l’UE, le Royaume-Uni devra négocier de nouveaux accords commerciaux avec l'UE et avec les 58 pays liés au bloc continental par un accord de libre-échange. « Ceci entraînerait probablement des négociations. Dans l'intervalle, le commerce continuerait mais dans des termes peut-être plus mauvais. Il est très probable qu'il coûterait plus cher au Royaume-Uni de commercer avec les mêmes marchés », prévient Roberto Azevedo.

«En conséquence, les exportateurs britanniques risqueraient d'avoir à payer jusqu'à 5,6 milliards de livres chaque année en droits de douane sur leurs exportations», avertit le directeur général de l'OMC. Les droits de douane risqueraient en effet d'augmenter pour les exportations de biens «Made in Britain» à destination des 27 pays qui resteraient dans l'UE, ainsi que vers les 58 pays liés à l'UE par un accord.

La Grande-Bretagne « en situation de faiblesse »

Cette évaluation ne tient pas compte de surcroît d'éventuels droits supplémentaires à payer sur les exportations de services, qui pourraient également subir «un impact», ajoute Roberto Azevedo lors de cette intervention à une réunion de décideurs économiques co-organisée par le Financial Times. Il souligne en outre que le Royaume-Uni devrait renégocier les termes commerciaux liés à son adhésion à l'organisation, qui découlent actuellement de son appartenance à l'UE. «Les aspects clefs des termes commerciaux de l'adhésion de l'UE (à l'OMC) ne pourraient pas juste être copiés/collés pour le Royaume-Uni. D'importants éléments devraient être négociés», explique Roberto Azevedo, évoquant dès lors une situation «sans précédent» qui rend «impossible» toute prévision concernant le temps nécessaire pour conclure.

Au final, il s'attend à des difficultés pour les Britanniques pour parvenir à leurs fins commerciales. «Quand vous devez conclure un accord rapidement alors que l'autre partie peut attendre, vous êtes en position de faiblesse», juge-t-il. Cet avertissement fait suite à une série d'alertes envoyées par d'autres responsables d'institutions économiques internationales, comme le FMI et l'OCDE, qui ont évoqué une impact négatif d'un éventuel Brexit sur la croissance et les revenus des ménages britanniques.