Brock Turner, un étudiant de l'université de Stanford, condamné à six mois de prison pour une agression sexuelle sur le campus.
Brock Turner, un étudiant de l'université de Stanford, condamné à six mois de prison pour une agression sexuelle sur le campus. — Dan Honda/AP/SIPA

ETATS-UNIS

VIDEO. Viol à Stanford: Six mois de prison, la courte peine qui choque l'Amérique

Le  père de l'agresseur, lui, estime que c'est «cher payé pour vingt minutes d'action», pour la plus grande colère des internautes...

La sentence, jugée très légère, a choqué le pays, vendredi. Mais le père de Brock Turner, cet étudiant de Stanford condamné à six mois de prison pour le viol d’une étudiante inconsciente derrière une benne à ordures, a écrit au juge. Selon Dan Turner, « c’est cher payé pour vingt minutes d’action ».

« Il n’a plus d’appétit » pour des steaks

Sa réaction a provoqué un torrent de colère sur Twitter, de nombreuses voix dénonçant « la culture du viol » illustrée par un tel commentaire.

Dan Turner explique encore l’inscription de son fils, à vie, sur le registre des prédateurs sexuels « va limiter là où il peut habiter ou travailler. » Selon son père, Brock Turner « n’est plus le même. » « Il n’est plus joyeux et n’a plus le sourire. Il aimait certains plats, particulièrement les steaks, mais il n’a plus d’appétit. »

« Remords sincères »

Brock Turner a été condamné pour « agression avec l’intention de commettre un viol sur une personne intoxiquée » et pour « pénétration avec un corps étranger sur une femme inconsciente », un acte qui rentre dans la définition du viol en France mais que la Californie qualifie seulement « d’agression sexuelle » en l’absence de rapport.

L’étudiant risquait jusqu’à 14 ans de prison, et le procureur en avait requis six, mais le juge a décidé de seulement six mois, soit dans la pratique, sans doute simplement trois. « Une peine plus sévère aurait eu un impact profond » sur l’accusé, a indiqué le juge, expliquant que Turner, un élève modèle membre de l’équipe de natation, avait fait preuve de « remords sincères ». De nombreux observateurs ont dénoncé la clémence du juge, estimant qu’elle s’inscrivait dans une tradition qui vise à protéger les athlètes, qui peuvent rapporter gros à l’université par leurs performances.

« Tu ne me connais pas, mais tu as été en moi »

La victime, elle, a écrit une longue lettre à son agresseur qu’elle a lue lors de l’audience et qu'elle a publiée sur Buzzfeed ce week-end. « Tu ne me connais pas mais tu as été en moi », commence-t-elle. Elle raconte comment elle s’est réveillée aux urgences, le matin du 18 janvier 2015, « du sang sur les coudes », et que les médecins ont retrouvé « des aiguilles de pin et des débris » lors de l’examen pratiqué en cas d’agression sexuelle.

« Je ne voulais plus de mon corps », écrit-elle. Elle contredit aussi Brock Turner qui affirmait qu’elle était consciente et consentante quand il lui a demandé s’il pouvait « la doigter » lors d’une soirée arrosée dans une fraternité étudiante. Elle remercie enfin les deux étudiants suédois anonymes qui ont interrompu l’agression et ont immobilisé Brock Turner alors qu’il tentait de s’enfuir. « Ce sont les vrais héros de cette histoire », conclut-elle.