VIDEO. Viol à Stanford: Six mois de prison, la courte peine qui choque l'Amérique

ETATS-UNIS Le  père de l'agresseur, lui, estime que c'est «cher payé pour vingt minutes d'action», pour la plus grande colère des internautes...

Philippe Berry

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Brock Turner, un étudiant de l'université de Stanford, condamné à six mois de prison pour une agression sexuelle sur le campus.
Brock Turner, un étudiant de l'université de Stanford, condamné à six mois de prison pour une agression sexuelle sur le campus. — Dan Honda/AP/SIPA

La sentence, jugée très légère, a choqué le pays, vendredi. Mais le père de Brock Turner, cet étudiant de Stanford condamné à six mois de prison pour le viol d’une étudiante inconsciente derrière une benne à ordures, a écrit au juge. Selon Dan Turner, « c’est cher payé pour vingt minutes d’action ».

« Il n’a plus d’appétit » pour des steaks

Sa réaction a provoqué un torrent de colère sur Twitter, de nombreuses voix dénonçant « la culture du viol » illustrée par un tel commentaire.

Dan Turner explique encore l’inscription de son fils, à vie, sur le registre des prédateurs sexuels « va limiter là où il peut habiter ou travailler. » Selon son père, Brock Turner « n’est plus le même. » « Il n’est plus joyeux et n’a plus le sourire. Il aimait certains plats, particulièrement les steaks, mais il n’a plus d’appétit. »

« Remords sincères »

Brock Turner a été condamné pour « agression avec l’intention de commettre un viol sur une personne intoxiquée » et pour « pénétration avec un corps étranger sur une femme inconsciente », un acte qui rentre dans la définition du viol en France mais que la Californie qualifie seulement « d’agression sexuelle » en l’absence de rapport.

L’étudiant risquait jusqu’à 14 ans de prison, et le procureur en avait requis six, mais le juge a décidé de seulement six mois, soit dans la pratique, sans doute simplement trois. « Une peine plus sévère aurait eu un impact profond » sur l’accusé, a indiqué le juge, expliquant que Turner, un élève modèle membre de l’équipe de natation, avait fait preuve de « remords sincères ». De nombreux observateurs ont dénoncé la clémence du juge, estimant qu’elle s’inscrivait dans une tradition qui vise à protéger les athlètes, qui peuvent rapporter gros à l’université par leurs performances.

« Tu ne me connais pas, mais tu as été en moi »

La victime, elle, a écrit une longue lettre à son agresseur qu’elle a lue lors de l’audience et qu'elle a publiée sur Buzzfeed ce week-end. « Tu ne me connais pas mais tu as été en moi », commence-t-elle. Elle raconte comment elle s’est réveillée aux urgences, le matin du 18 janvier 2015, « du sang sur les coudes », et que les médecins ont retrouvé « des aiguilles de pin et des débris » lors de l’examen pratiqué en cas d’agression sexuelle.

« Je ne voulais plus de mon corps », écrit-elle. Elle contredit aussi Brock Turner qui affirmait qu’elle était consciente et consentante quand il lui a demandé s’il pouvait « la doigter » lors d’une soirée arrosée dans une fraternité étudiante. Elle remercie enfin les deux étudiants suédois anonymes qui ont interrompu l’agression et ont immobilisé Brock Turner alors qu’il tentait de s’enfuir. « Ce sont les vrais héros de cette histoire », conclut-elle.