Primaires américaines: Pourquoi les scrutins de mardi s'annoncent passionnants

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE Six Etats sont appelés à départager Hillary Clinton et Bernie Sanders côté démocrate, et à soutenir ou non le candidat «présumé» des Républicains, Donald Trump...

Laure Cometti

— 

Hillary Clinton, le 2 juin 2016 dans l'Etat du New Jersey.
Hillary Clinton, le 2 juin 2016 dans l'Etat du New Jersey. — MediaPunch/Shutterstock/SIPA

Ils ne sont plus que trois : Hillary Clinton, Bernie Sanders et Donald Trump. Ce soir, il devrait n’en rester n’en rester plus que deux, qui s’affronteront lors de l’élection présidentielle des Etats-Unis en novembre. Ce dernier «Super Tuesday» promet du suspense et de la sueur. Hillary Clinton est déjà donnée gagnante dans la course à l’investiture démocrate, mais elle n’a pas crié victoire avant les scrutins prévus ce mardi dans six Etats, dont la Californie. Face à elle, Bernie Sanders semble déterminé à faire campagne jusqu’à la convention du parti fin juillet. Quant à Donald Trump, s’il n’a plus de rival dans le camp républicain, il continue de diviser son parti.

Si vous hésitiez à suivre ce nouvel épisode de la course à la Maison-Blanche, 20 Minutes vous explique pourquoi les scrutins qui auront lieu ce mardi dans six Etats (Californie, Montana, New Jersey, New Mexico, South Dakota, North Dakota) s’annoncent passionnants.

C’est la dernière manche du bras de fer Hillary-Bernie

Hillary Clinton, le 2 juin 2016 dans l'Etat du New Jersey.
Hillary Clinton, le 2 juin 2016 dans l'Etat du New Jersey. - MediaPunch/Shutterstock/SIPA

Dans le camp démocrate, Hillary Clinton devance Bernie Sanders de près de 300 délégués, à 1.807 contre 1.517 selon un décompte du New York Times. Un total de 851 délégués reste en jeu lors des primaires des 7 et 14 juin, dont 546 en Californie et 142 dans le New Jersey. Mathématiquement, une victoire du sénateur du Vermont est encore possible, puisqu’il faut 2.383 délégués pour obtenir l’investiture.

Infographie : les primaires aux Etats-Unis.
Infographie : les primaires aux Etats-Unis. - AFP

L’équation serait toutefois incomplète sans le décompte des superdélégués, qui sont libres de voter pour le candidat de leur choix lors de l’investiture démocrate prévue du 25 au 28 juillet prochains. Jusqu’à présent, sur 712, plus de 500 avaient déclaré soutenir Hillary Clinton. Mais selon un décompte publié lundi par l’agence américaine Associated Press (AP), de nouveaux superdélégués ont rejoint le camp Clinton, lui permettant de compter, en théorie, 2.383 voix très exactement, si les 571 superdélégués pro-Clinton ne changent pas d’avis d’ici au 25 juillet prochain.

>> A lire aussi : Primaire démocrate: Hillary Clinton a gagné (sauf si des super-délégués changent d'avis)

Hillary Clinton s’est retenue de crier victoire avant que les électeurs des six Etats s’expriment ce mardi, craignant probablement une démobilisation de ses sympathisants. En revanche, son adversaire a contesté ce décompte incluant les superdélégués, qu’il affirme pouvoir faire changer d’allégeance avant la convention de Philadelphie.

Bernie Sanders veut jouer les trouble-fêtes, Obama pourrait entrer dans la campagne

Bernie Sanders, à Oakland, le 30 mai 2016.
Bernie Sanders, à Oakland, le 30 mai 2016. - SIPANY/SIPA

Bernie Sanders n’a pas ménagé ses efforts pour faire campagne en Californie, où il espère emporter une victoire symbolique et infliger un camouflet à sa rivale. Il a d’ores et déjà averti qu’il n’abandonnerait pas avant la convention.

La Californie, Etat marqué par une forte diversité, semblait il y a quelques semaines acquise à Hillary Clinton qui a conquis le vote des « minorités ». Or elle est talonnée par son rival dans les sondages, avec un écart presque insignifiant au regard de la marge d’erreur.

>> A lire aussi : Pourquoi Bernie Sanders ne lâche rien

Le temps est l’ennemi d’Hillary Clinton, qui doit essuyer les attaques virulentes de Donald Trump et les critiques de Bernie Sanders, sans pouvoir rendre les coups à ce dernier, dans l’optique d’unifier le parti et de rallier les voix des militants pro-Sanders en novembre. Dans ce contexte, la Maison-Blanche a récemment laissé entendre que Barack Obama pourrait bientôt abandonner sa neutralité pour soutenir Hillary Clinton.

Donald Trump en solo

Donald Trump, le 3 juin 2016, à Redding.
Donald Trump, le 3 juin 2016, à Redding. - Rich Pedroncelli/AP/SIPA

Côté républicain, Donald Trump est seul en lice, même si des noms de candidats potentiels surgissent de manière fugace dans les médias. La primaire en Californie constitue un test pour le magnat de l’immobilier qui a déclaré vouloir arriver en tête des suffrages dans cet Etat où aucun candidat républicain à la présidentielle ne s’est imposé depuis 1988.

>> A lire aussi : Qui est David French, le champion inconnu des anti-Trump

« Les Latinos, un électorat traditionnellement conservateur, sont nombreux en Californie, mais Trump a aliéné leurs voix avec ses nombreuses déclarations racistes », souligne Elisabeth Vallet, professeur associée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). En critiquant un juge fédéral en raison de ses origines mexicaines, le candidat à la mèche a déclenché un tollé, y compris au sein de son camp politique. La convention républicaine, prévue du 18 au 21 juillet, s’annonce houleuse.