Qui a dit: «Il faudra attendre l'an 3000 pour voir la Turquie adhérer à l'Union européenne»?

MONDE Un indice : il s’agit d’un Premier ministre…

A.Ch. avec AFP

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Bruxelles, le 16 June 2015, un drapeau européen. Credit:Frederic Sierakowski/ISOP/SIPA.
Bruxelles, le 16 June 2015, un drapeau européen. Credit:Frederic Sierakowski/ISOP/SIPA. — SIPA

« Cela prendrait des décennies avant qu'on se retrouve face à cette éventualité. La Turquie a déposé sa candidature en 1987. Au rythme où avancent les choses, il faudra attendre l'an 3000 pour la voir adhérer à l'Union européenne » : c’est le Premier ministre britannique David Cameron qui a fait ce pronostic sur le plateau de la chaîne ITV ce dimanche. Il répondait ainsi aux partisans du Brexit qui ont brandi la menace d'un nouvelle vague d'immigration vers le Royaume-Uni.

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Les pro-Brexit agitent la peur des migrants

 « Un vote pour rester dans l'UE est un vote pour autoriser des personnes d'Albanie, de Macédoine, du Monténégro, de Serbie et de Turquie à venir librement chez nous lorsque leur pays aura bientôt adhéré à l'UE. Beaucoup de ces pays ont des taux de criminalité élevés ainsi que des problèmes avec des gangs et des cellules terroristes », a insisté la secrétaire d'État aux forces armées, Penny Mordaunt, l'une des ministres pro-Brexit du gouvernement de David Cameron. Interrogée par la BBC dimanche matin, Penny Mordaunt a ajouté qu'il était « très probable » que la Turquie allait rejoindre l'UE dans les huit ans et que le Royaume-Uni n'était « pas en mesure de s'y opposer ».

« C'est totalement faux. Comme tous les autres pays de l'UE nous avons un droit de veto sur chaque nouvelle adhésion. C'est un fait, a répliqué David Cameron quelques minutes plus tard sur ITV, désavouant publiquement sa propre ministre. « Que la campagne du Leave (quitter l'UE) se trompe à ce point sur ce dossier pose la question de leur crédibilité », a ajouté le Premier ministre, favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’UE. « Veto ? M. Cameron a dit qu'il voulait ouvrir la voie d'Ankara à Bruxelles », a réagi dans un tweet le leader de l'Ukip, Nigel Farage, en partageant un article daté de 2010 dans lequel David Cameron a tenu ces propos.

L’immigration au cœur de la campagne

L'immigration constitue avec l'économie le principal enjeu du référendum du 23 juin. La question d'une intégration de la Turquie dans le bloc des 28 est revenue sur la table après l'accord sur les migrants conclu avec Bruxelles qui prévoit notamment l'ouverture de nouveaux chapitres d'adhésion à l'UE. La presse britannique favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’UE joue sur la peur de l’immigration massive : « Douze millions de Turcs disent qu'ils veulent venir au Royaume-Uni » et ce sont « essentiellement des chômeurs et des étudiants », titrait ainsi le Sunday Express, un tabloïd proche du parti anti-immigration Ukip.