Ukraine: La marge des «orange» se réduit

UKRAINE Le président Viktor Iouchtchenko s'inquiète de «fraudes».

© 2007 AFP

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Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, le mouvement populaire qui avait porté au pouvoir le président Iouchtchenko en 2004, a accusé le Parti des Régions de "falsifier ouvertement" les résultats, dans une déclaration citée par l'agence Interfax.
Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, le mouvement populaire qui avait porté au pouvoir le président Iouchtchenko en 2004, a accusé le Parti des Régions de "falsifier ouvertement" les résultats, dans une déclaration citée par l'agence Interfax. — Radion Tucha AFP

La situation reste confuse après les élections législatives ukrainiennes. D'abord donnés vainqueurs, les partis pro-occidentaux ont vu leur marge se réduire à néant au profit des pro-russes lundi, au fil des dépouillements, conduisant le président Viktor Iouchtchenko à s'inquiéter de «fraudes».

«Je m'inquiète du retard dans le dépouillement des bulletins de vote dans les régions sud et est de l'Ukraine», traditionnellement favorables au parti russophile du Premier ministre Viktor Ianoukovitch, a déclaré le chef de l'Etat, pro-occidental.

«Je charge les forces de l'ordre d'enquêter immédiatement sur les causes et les circonstances» de ce retard, a-t-il ajouté, mettant en garde contre «des manipulations» et promettant que les «falsificateurs» seraient «punis».

Le Parti des régions accusé de falsification

Ioulia Timochenko , égérie de la Révolution orange, le mouvement populaire qui avait porté au pouvoir le président Iouchtchenko en 2004, a accusé le Parti des régions de «falsifier ouvertement» les résultats, dans une déclaration citée par l'agence Interfax.

Vingt-quatre heures après la clôture des bureaux de vote, toute l'attention se cristallisait lundi soir autour des socialistes, dont le score oscille autour de 3%. S'il franchit ce seuil fatidique, le parti entrera au Parlement et constituera une force d'appoint cruciale pour le Parti des régions.

Au fil des dépouillements, l'écart entre les partis pro-occidentaux dits «orange» et leurs rivaux pro-russes -qui étaient de cinq points dans les sondages de sortie des urnes dimanche- s'est réduit comme une peau de chagrin, jusqu'à devenir insignifiant.

Après dépouillement des bulletins dans 86,68% des bureaux, le parti pro-présidentiel Notre Ukraine et son allié, le bloc Ioulia Timochenko, obtiennent 46,21% des voix, le Parti des régions avec tous les autres 45,49%.

Ioulia Timochenko, prochaine Premier ministre?

Ioulia Timochenko a réalisé un score inattendu avec 31,52% des voix, soit près de dix points de plus qu'aux législatives en mars 2006 et apparaît comme la mieux placée pour redevenir Premier ministre en cas de formation d'une coalition pro-occidentale.

Cette flamboyante dirigeante politique, qui fut déjà Premier ministre en 2005, s'est dite prête à former le plus rapidement possible une coalition avec le parti pro-présidentiel Notre Ukraine-Autodéfense populaire.

Avant le scrutin, Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko, alliés lors de la Révolution orange démocratique, mais souvent rivaux depuis, avaient promis de former un gouvernement ensemble en cas de victoire.

Ioulia Timochenko s'est dite confiante dans le fait que «la coalition serait formée dans les 24 ou 48 heures après l'annonce des résultats officiels» définitifs.

«Rien ne prouve la victoire des forces orange» tant qu'il n'y a pas de résultats définitifs, a pour sa part mis en garde Viktor Ianoukovitch, en revendiquant le droit de former une coalition.

Dans un rapport préliminaire, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a estimé le scrutin conforme aux «normes pour des élections démocratiques».

La Russie, qui ne verrait pas d'un mauvais oeil le maintien au pouvoir d'un Premier ministre favorable à Moscou, a aussi estimé que les élections s'étaient déroulées dans des conditions de «libre» choix.

Le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a de son côté appelé à la formation «rapide» d'un gouvernement «stable» en Ukraine, après une série de crises, et à la poursuite des «nécessaires réformes internes».

Le chef de l'Etat a ordonné en avril la dissolution du Parlement et convoqué de nouvelles élections en raison de conflits incessants avec son rival, Viktor Ianoukovitch.