La junte entrouvre la porte à l'ONU

(avec AFP) - ©2007 20 minutes

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Au prix d'une violente répression et de vives tensions avec le clergé bouddhiste, la junte birmane semble contenir pour l'heure le soulèvement emmené par les bonzes. Hier, le régime a autorisé un envoyé spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari, à rencontrer pendant plus d'une heure à Rangoun la célèbre opposante Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, qui a été privée de liberté pendant la majeure partie des dix-huit dernières années. Gambari espère également « vivement rencontrer » le généralissime Than Shwe, numéro un de la junte. L'entrevue avec Aung San Suu Kyi est le résultat de la pression diplomatique internationale, selon un diplomate. L'ar­rivée, samedi, de l'émissaire dans le pays et des déclarations de plus en plus fermes de Pékin, qui a exigé de la junte qu'elle adopte des « méthodes pacifiques », semblent avoir contribué à diminuer l'intensité et la visibilité de la répression.

Officiellement, la répression de la junte a fait treize morts et des dizaines de blessés. Cependant, tous les diplomates en poste à Rangoun s'accordent à dire que le bilan des victimes est bien plus élevé. Les arrestations se comptent au moins par centaines et on n'aura peut-être jamais une vision précise de l'ampleur des actions militaires de ces derniers jours en Birmanie. Depuis la coupure de la principale liaison avec Internet vendredi, tout se déroule quasiment à « huis clos », a regretté Reporters sans frontières.