Nigeria: François Hollande appelle à ne pas «baisser la garde» contre Boko Haram

NIGERIA Selon les pays réunis en sommet à Abuja, la solution ne doit pas être seulement militaire...

M.C. avec AFP
— 
François Hollande et le président du Nigeria Muhammadu Buhari, entourés des présidents camerounais Paul Biya et béninois Patrice Talon, à Abuja le 14 mai 2016.
François Hollande et le président du Nigeria Muhammadu Buhari, entourés des présidents camerounais Paul Biya et béninois Patrice Talon, à Abuja le 14 mai 2016. — PIUS UTOMI EKPEI / AFP

La communauté internationale doit en faire bien davantage, financièrement et militairement, pour venir à bout du groupe islamiste Boko Haram et aider les populations, dont la situation humanitaire est préoccupante, ont conclu samedi les participants du sommet d'Abuja. Au coeur des discussions dans la capitale nigériane : les moyens de mettre fin aux exactions des islamistes qui depuis 2009 ont tué plus de 20.000 personnes dans la région du lac Tchad et contraint plus de 2,6 millions d'habitants à fuir leur foyer.

>> A lire aussi : Les liens de Boko Haram avec Daesh inquiètent l'ONU

Seul chef d'Etat non africain présent à ce sommet, François Hollande a appelé samedi à ne pas «baisser la garde» contre Boko Haram, appelant la communauté internationale à faire «davantage» en termes d'aide humanitaire et de développement pour les pays touchés. «Les résultats sont impressionnants» dans la lutte contre Boko Haram qui «a été amoindri, obligé de reculer», a reconnu le président français, mais «ce groupe terroriste reste néanmoins encore une menace».

«Un démon qui nous détruira tous si nous ne le détruisons pas»

Le sommet s'est refermé avec un communiqué final soulignant que «la défaite de (cette) insurrection ne repose pas seulement sur une solution militaire mais également sur une action gouvernementale de développement en vue d'en éradiquer les causes». Plus tôt, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond avait estimé que les pays de la zone doivent gagner «les coeurs et les âmes de ceux qui sont terrorisés par Boko Haram», car il s'agit du «combat d'une génération contre un démon qui nous détruira tous si nous ne le détruisons pas». 

Outre les représentants français, britannique et américain, la réunion a rassemblé onze pays du continent, dont les pays frontaliers du Nigeria (Bénin, Cameroun, Tchad et Niger), et la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini. 

Victoires militaires du Nigeria contre Boko Haram

Le déploiement effectif de la force multinationale mixte (FMM), composée de 8.500 hommes originaires du Nigeria et des pays voisins, mise en place depuis juillet, est resté jusqu'ici très confus. Une meilleure coordination entre les différentes armées est désormais indispensable.

Depuis l'arrivée de Muhammadu Buhari à la tête du Nigeria, il y a un an, l'armée a multiplié les victoires militaires contre Boko Haram, conduisant le président à annoncer que le groupe islamiste était «techniquement» vaincu. Désormais, Boko Haram «ne tient plus» aucun district administratif dans le nord-est, a-t-il de nouveau assuré samedi. Pourtant, le groupe rebelle reste puissant et commet régulièrement des attentats meurtriers, tandis que la forêt de Sambisa dans le nord-est demeure son bastion.