Initiative de paix: Netanyahou met en doute «l'impartialité» de la France

PROCHE-ORIENT La France, par la voix de Jean-Marc Ayrault, venait présenter son initative de paix auprès du Premier ministre israélien...

20 Minutes avec AFP

— 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 29 novembre 2015.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 29 novembre 2015. — Dan Balilty/AP/SIPA

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a mis en doute l'« impartialité » de l’initiative française pour relancer l’effort de paix avec les Palestiniens en raison d’un récent vote de la France à l’Unesco. Cette déclaration intervient après une rencontre dimanche avec le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

« J’ai dit (au ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault) que la décision scandaleuse prise à l’Unesco avec le soutien de la France et qui ne reconnaît pas le lien millénaire entre le peuple juif et le mont du Temple jette une ombre sur l’impartialité du forum que la France tente de réunir », a dit le Premier ministre en référence au vote en avril par la France d’une décision de l’Unesco sur le patrimoine culturel palestinien et Jérusalem-Est. Une accusation réfutée par Jean-Marc Ayrault.  « La France est désintéressée, mais elle est profondément convaincue que si on ne veut pas laisser prospérer, ici dans cette région, les idées de Daech (acronyme arabe de l'Organisation de l'Etat islamique) il faut faire quelque chose », a-t-il ajouté devant les journalistes à l'aéroport, à son départ d'Israël après des rencontres dans la matinée avec Benjamin Netanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Israël toujours opposé à l’initiative française

Jean-Marc Ayrault a exposé de vive voix et au plus haut niveau, après des mois de discret travail préparatoire, le projet français de conférence internationale, qui aurait lieu avant la fin de l’année.

La France prévoit le 30 mai une réunion ministérielle qui en jetterait les bases, avec une vingtaine de pays, l’Union européenne et l’ONU, mais sans Israéliens ni Palestiniens pour ne pas condamner d’emblée l’effort à l’échec. Jean-Marc Ayrault peut compter sur le soutien palestinien dans son ambition de redonner vie à la vieille entreprise visant à résoudre l’un des plus vieux conflits de la planète.

En revanche, le gouvernement israélien a constamment exprimé son opposition. Sans aller jusqu’à exclure définitivement sa participation à une conférence, il répète que le seul moyen de réactiver un processus moribond, c’est qu’Israéliens et Palestiniens reprennent les négociations bilatérales.

Inquiétude internationale

Alors que les Israéliens viennent de célébrer le 68ème anniversaire de leur Etat, les Palestiniens sous occupation commémorent cette « catastrophe » le jour même de la visite de Jean-Marc Ayrault et attendent toujours leur Etat. La communauté internationale s’inquiète de devoir prononcer la mort de « la solution à deux Etats », c’est-à-dire la création d’un Etat palestinien qui coexisterait en paix avec Israël.

La dernière initiative diplomatique américaine a échoué en 2014. De récents échanges de tirs ont conforté les craintes qu’une quatrième guerre depuis 2008 dans la bande de Gaza ne soit inéluctable. Une vague de violences a fait plus de 200 morts depuis le 1er octobre. Malgré les autres crises dans la région, la France dit vouloir remettre ce conflit à l’agenda et mobiliser la communauté internationale en changeant de méthode.