Venezuela: l'opposition défile samedi pour le référendum anti-Maduro

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Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, à Caracas le 1er mai 2016
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, à Caracas le 1er mai 2016 — JUAN BARRETO AFP

L'opposition vénézuélienne manifestera à nouveau samedi à Caracas pour maintenir la «pression» en faveur d'un référendum pour révoquer le président socialiste Nicolas Maduro, accusant les autorités électorales de tout faire pour retarder le processus.

«Nous maintiendrons la pression de manière organisée, pacifique, en exigeant ce qui est prévu dans la Constitution», a expliqué lors d'une conférence de presse le député Stalin Gonzalez, de la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD).

L'opposition a manifesté à plusieurs reprises ces dernières semaines pour accélérer la procédure vers un référendum, qu'elle souhaite organiser d'ici fin 2016.

Mais le Conseil national électoral (CNE), organisme proche du gouvernement, a indiqué jeudi qu'il lui faudrait jusqu'au 2 juin pour vérifier les quelque 1,8 million de signatures recueillies par l'opposition pour enclencher la procédure.

Une fois les signatures vérifiées, le CNE appellera 200.000 signataires à valider leur choix en personne, avant de passer à la deuxième étape, qui exige de l'opposition de rassembler quatre millions de signatures pour avoir, finalement, le droit d'organiser le référendum révocatoire.

La question du calendrier est cruciale, d'où l'empressement de l'opposition: si le référendum survient avant le 10 janvier 2017 et que le «oui» l'emporte, le Venezuela irait vers de nouvelles élections.

Mais à partir du 10 janvier, tout référendum couronné de succès ne mènerait qu'à une chose: le remplacement de M. Maduro par son vice-président Aristobulo Isturiz, du même parti.

Le camp présidentiel prévoit lui aussi une manifestation samedi à Caracas, en présence du chef de l'Etat Nicolas Maduro, qui devrait annoncer une série de mesures économiques selon M. Isturiz.

Alors que le Venezuela, autrefois riche producteur pétrolier, a vu son économie dévastée par la chute des cours du brut, la population concentre son exaspération sur son président, élu en 2013 pour un mandat de six ans: 68% d'entre eux souhaitent son départ et l'organisation de nouvelles élections, selon un récent sondage.