Procès Luxleaks: Le verdict sera rendu le 29 juin

JUSTICE Les avocats des trois Français avaient tous plaidé leur relaxe tandis que le parquet avait requis 18 mois de prison...

Clémence Apetogbor
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Edouard Perrin, Raphaël Halet et Antoine Deltour.
Edouard Perrin, Raphaël Halet et Antoine Deltour. — JOHN THYS

Le verdict dans le procès des Luxleaks sera rendu le 29 juin, a annoncé ce mercredi la justice luxembourgeoise.

Le parquet avait requis mardi 18 mois de prison, éventuellement avec sursis, contre les deux anciens employés du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), Antoine Deltour et Raphaël Halet, à l’origine de ces fuites de ces documents.

Il a demandé devant le tribunal correctionnel de Luxembourg que les deux Français soient condamnés à une amende et à la confiscation des biens saisis.

30.000 pages publiées

Le procureur d’Etat adjoint avait requis mardi une amende à l’encontre du journaliste français Edouard Perrin, qui avait porté les documents fournis à la connaissance du grand public.

Les avocats des trois Français avaient tous plaidé leur relaxe.

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Les deux anciens employés de PwC ont comparu depuis le 26 avril, avec le journaliste, pour avoir soustrait à la firme puis publié près de 30.000 pages de documents éclairant les pratiques fiscales de multinationales établies au Luxembourg.

10 ans de prisons encourus

Antoine Deltour, 31 ans, et Raphaël Halet, 40 ans, sont poursuivis pour vol, divulgation de secrets d’affaires, violation de secret professionnel, blanchiment et fraude informatique. Le journaliste Edouard Perrin, 45 ans, est lui poursuivi pour complicité de violation du secret professionnel, de violation du secret d’affaires et de blanchiment.

Pour ces chefs d’inculpation, ils encourent théoriquement jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

Le parquet a considéré qu’Antoine Deltour et Raphaël Halet « ne sont pas des lanceurs d’alerte ». Quant à Edouard Perrin, il a salué « son travail acharné », mais lui a reproché d’avoir enfreint le secret professionnel et celui des affaires.

« Ce procès devait avoir lieu. C’est désagréable, mais mon rôle est de protéger la société contre les abus », s’est justifié mardi le représentant du ministère public, David Lentz, devant le tribunal.