Luxleaks: 18 mois de prison requis contre les lanceurs d'alerte français

JUSTICE Antoine Deltour, Edouard Perrin et Raphaël Halet sont accusés d’avoir communiqué des documents révélant l’évasion fiscale de multinationales…

20 Minutes avec AFP
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Edouard Perrin, Raphaël Halet et Antoine Deltour.
Edouard Perrin, Raphaël Halet et Antoine Deltour. — JOHN THYS

Dans le procès du scandale Luxleaks, les réquisitions sont tombées. La justice luxembourgeoise a requis mardi 18 mois de prison à l’encontre des deux anciens employés français du cabinet d’audit PwC.

Le procureur, « pas opposé » à ce que ces peines soit intégralement assorties d’un sursis, a aussi demandé une amende, sans préciser de montant, à l’encontre du journaliste Edouard Perrin, lui aussi français, qui avait porté ces documents à la connaissance du grand public.

Le procureur ne reconnaît pas le statut de « lanceurs d’alerte »

Le procureur d’Etat adjoint a refusé de reconnaître aux deux anciens salariés de PricewaterhouseCoopers (PwC) le qualificatif de« lanceurs d’alerte », et accusé le journaliste d’avoir « transgressé le droit pénal ».

« Nous nous trouvons là pour rendre la justice (…) Ce procès devait avoir lieu. C’est désagréable, mais mon rôle est de protéger la société contre les abus », a ajouté le représentant du parquet.

Les avocats des trois hommes avaient auparavant plaidé la relaxe.

Les deux anciens employés du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), Antoine Deltour et Raphaël Halet, comparaissaient depuis le 26 avril avec le journaliste Edouard Perrin, pour avoir soustrait à la firme puis publié près de 30.000 pages de documents éclairant les pratiques fiscales de multinationales établies au Luxembourg. Ils encourent en théorie jusqu’à dix ans d’emprisonnement.