Comment la météo a (presque) préservé Fort McMurray des flammes

CATASTROPHE Le centre-ville et les structures vitales de la ville sont intactes...

O. P.-V.

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Image fournie par la police d'Alberta de Fort McMurray, au Canada, le 7 mai 2016
Image fournie par la police d'Alberta de Fort McMurray, au Canada, le 7 mai 2016 — RCMP Alberta Alberta RCMP

100.000 habitants évacués, 2.400 bâtiments et maisons détruits et 200.000 hectares de forêt partis en feu. Le bilan des gigantesques incendies qui ont ravagé l’Alberta et les environs de Fort McMurray au Canada est impressionnant. La Première ministre de la province, Rachel Notley, a pourtant annoncé deux bonnes nouvelles lundi : la catastrophe n’a fait aucune victime directe (cependant deux personnes sont mortes dans un accident de voiture en fuyant la cité pétrolière), et 90 % de la ville est intacte, notamment l’hôpital et les écoles.

Certes, les habitants ne pourront pas rentrer chez eux avant deux semaines au moins, mais Rachel Notley a parlé de « véritable miracle », illustrant le contraste entre les images des flammes ( jusqu’à 40 mètres de haut) encerclant Fort McMurray pendant plusieurs jours et le bilan humain des incendies.

Météo clémente et stratégie gagnante

Ce « miracle » est notamment dû à la chute des températures, inférieures à la normale saisonnière ces deux derniers jours en Alberta, dans le centre-ouest du pays. Le temps plus frais et humide, accompagné d’une faible pluie, ont permis aux autorités de lutter plus efficacement contre la progression du feu et de protéger le centre-ville, l’objectif principal des 700 pompiers mobilisés. « Grâce à mère nature et au travail acharné de tous les pompiers, nous avons pu contenir la plupart des lignes de feu à Fort McMurray », s’est réjoui Chad Morrisson, directeur du service des incendies de l’Alberta.

Darby Allen, chef des pompiers de Fort McMurray, s’est félicité du choix de protéger le cœur de la ville. « 40 à 50 % de son territoire aurait pu être rasé », a-t-il expliqué à La Presse. L’objectif était de défendre les « structures vitales » de la localité, les réseaux de télécommunications, l’hôpital, les écoles, les bâtiments administratifs ou encore l’usine de traitement des eaux. L’Agence de gestion des urgences de l’Alberta, qui a souligné les efforts « herculéens » des pompiers, a expliqué qu’il avait fallu projeter « de grandes quantités d’eau, de façon continue, afin de protéger les maisons des braises et des étincelles. »

Dans cette interview par la chaîne canadienne CBC, un des pompiers explique que l’incendie a été maîtrisé dans les alentours de la ville : « Nous commençons à reprendre le contrôle, le mur de feu n’entoure plus la ville désormais, la situation revient à la normale. »

« Les pompiers ont su freiner un feu qui a détruit des pâtés de maisons entiers, mais qui s’est arrêté soudainement à proximité de maisons qui sont encore intactes et habitables », a communiqué Rachel Notley. Les seuls dégâts constatés dans le centre de Fort McMurray ont été causés par l’eau des bombardiers et la fumée des incendies. Dans le reste de la ville, plusieurs quartiers résidentiels ont brûlé, ainsi que des hôtels et des stations-essence. « Il y a encore des points chauds fumants partout, des matériaux dangereux, des lignes électriques brisées. Les services de base — essence, eau, collecte des déchets, soins de santé et autres — doivent reprendre. L’évaluation des dommages doit être complétée », a tempéré la Première ministre de l’Alberta.

Encore plusieurs mois avant la fin de l’incendie

Fort McMurray est toujours interdit d’accès. Un millier de pompiers luttent encore contre les foyers d’incendie qui se sont déplacés vers l’Est, à trente kilomètres de la frontière avec la Saskatchewan, autre province soumise aux feux de forêt. « Avec les températures en deçà des normales saisonnières qui sont prévues dans les prochaines semaines, les pompiers ont bon espoir de réaliser d’importants progrès, a indiqué Chad Morrison. Cela dit, il faudra encore des mois pour venir à bout de l’incendie qu’on surnomme « la Bête ».

En attendant, le travail des sapeurs-pompiers a été salué par un habitant de Fort McMurray, dont le portrait du responsable Darby Allen a été partagé par Rachel Notley sur Twitter.