Une partie des «Panama Papers» mise en ligne

SCANDALE Depuis début avril, les révélations des « Panama Papers » ont provoqué l’ouverture de nombreuses enquêtes dans le monde…

Clémence Apetogbor

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Les locaux de la firme Mossak Fonseca au Panama.
Les locaux de la firme Mossak Fonseca au Panama. — RODRIGO ARANGUA

Les fameux « Panama Papers », à l’origine d’un scandale d’évasion fiscale à l’échelle mondiale, ont partiellement été mis en ligne ce lundi sur le site du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Une base de données contenant pas moins de 214.000 noms d’entreprises et de particuliers a été ouverte au public sur la base des 11,5 millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca, qui ont révélé l’usage massif de sociétés-écrans à des fins d’évasion fiscale.

Il s’agit de la « plus importante publication sur les sociétés offshore et sur les personnes qui sont derrière elles », affirme dans un communiqué l’ICIJ, le collectif basé à Washington qui a coordonné l’enquête sur la fuite massive de documents du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca.

Une exigeance de « transparence »

Le nom de l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, contraint à la démission pour avoir dissimulé des comptes à l’étranger, apparaît notamment dans cette base de données qui dévoile le réseau de sociétés-écrans qu’il aurait créées aux Seychelles et au Panama pour couvrir ses traces.

Dans un entretien à l’AFP, le directeur de l’ICIJ Gerard Ryle a expliqué que cette publication répondait à une exigence de « transparence » mais également au souhait de voir émerger d’autres révélations grâce à la contribution de la société civile.

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L’ICIJ précise toutefois que seuls une partie des 11,5 millions de documents des « Panama Papers » a été utilisée pour alimenter cette base de données en ligne, à laquelle le cabinet Mossack Fonseca a menacé de répondre en saisissant les tribunaux.

Depuis début avril, les révélations des « Panama Papers » ont provoqué l’ouverture de nombreuses enquêtes dans le monde et conduit le Premier ministre islandais et un ministre espagnol à la démission. Ces documents ont plus généralement dévoilé l’utilisation à grande échelle de sociétés offshore permettant de placer des actifs dans des territoires opaques et à très faible fiscalité.