Corée du Nord: Kim Jong-un assied encore un peu plus son pouvoir

POLITIQUE C’était la première fois depuis 36 ans qu'avait lieu le congrès du parti unique au pouvoir...

Clémence Apetogbor

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Kim Jong-Un, à Pyongyang, le 13 février 2015.
Kim Jong-Un, à Pyongyang, le 13 février 2015. — KCNA/CHINE NOUVELLE/SIPA/SIPA

Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen, est devenu ce lundi président du Parti des travailleurs de Corée lors du congrès du parti unique au pouvoir.

Le chef de l’Etat de la Corée du Nord, Kim Yong-Nam, dont la fonction est largement honorifique, a fait cette annonce devant des journalistes étrangers conviés au congrès du parti, le premier en 36 ans.

Stratégie du « byungjin »

Des milliers de délégués, dont beaucoup étaient en uniforme, ont applaudi à l’annonce de cette nomination. Cette réunion exceptionnelle est largement considérée comme l’occasion de consacrer le pouvoir de Kim Jong-un, et confirmer sa stratégie du « byungjin », qui consiste à mener de front développements économique et nucléaire.

Dans le même temps, le congrès a entériné le principe selon lequel la Corée du Nord ne fera usage de ses armes nucléaires que si sa souveraineté est menacée par une autre puissance nucléaire, et la nécessité de travailler à la réunification éventuelle de la péninsule divisée.

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« Mais si les autorités sud-coréennes optent pour la guerre (…), nous mènerons une guerre juste afin d’éradiquer sans merci les forces antiréunification », selon un document publié par l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Un journaliste expulsé

C’était la première fois depuis l’ouverture du congrès vendredi que des journalistes étrangers ont été autorisés à rentrer dans la salle du congrès, décorée de bannières rouge et or frappées du logo du parti.

Environ 130 reporters ont pu entrer dans la salle du congrès, pour cinq minutes seulement. Lors du précédent événement du genre en 1980, les médias avaient pu également pénétrer dans la salle mais ce type d’événement reste très rare dans un pays qui ne s’ouvre qu’avec parcimonie.

Parallèlement, un journaliste de la BBC en mission à Pyongyang a été arrêté et interrogé pendant huit heures vendredi en raison de son travail en amont du congrès, avant d’être expulsé, selon le média britannique.