Présidentielle aux Philippines: Rodrigo Duterte en tête d'une élection ensanglantée par des violences

POLITIQUE Selon un premier décompte de résultats partiels, l'avocat populiste a recueilli 9,03 millions de voix, soit 39% des suffrages...

20 minutes avec agences

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Rodrigo Duterte jouant du coude, le 12 février.
Rodrigo Duterte jouant du coude, le 12 février. — AP Photo/Bullit Marquez

Le populiste Rodrigo Duterte est arrivé, ce lundi, en tête de l’élection présidentielle philippine. Maire de la grande ville de Davao, cet avocat de 71 ans a séduit avec un langage cru et des propositions expéditives sur deux des fléaux de la société philippine que sont la criminalité et la pauvreté.

Il avait qualifié le pape de « fils de pute »

Dans un pays dont 80 % des habitants sont des catholiques fervents, il avait ainsi qualifié le pape de « fils de pute » pour avoir provoqué des embouteillages lors d’une visite dans l’archipel.

« Oubliez les lois sur les droits de l’Homme ! », avait également lancé celui qui est accusé d’avoir organisé à Davao des escadrons de la mort qui auraient tué plus de mille personnes. « Si je suis élu président, je ferai exactement ce que j’ai fait en tant que maire. Vous, les dealers, les braqueurs et les vauriens, vous feriez mieux de partir. Parce que je vais vous tuer. »

Le dernier sondage créditait Rodrigo Duterte de 11 points d’avance sur ses rivaux. Et les premiers résultats communiqués par CNN Philippines semblaient donner raison aux sondages : après dépouillement de 52 % des bulletins, l’avocat a recueilli 9,03 millions de voix, soit 39 % des suffrages. La sénatrice Grace Poe était en deuxième position, avec 22,19 % des voix, suivie de près par Mar Roxas, le candidat adoubé par le président sortant.

18.000 mandats électifs à pourvoir

Plusieurs scrutins locaux et nationaux se sont tenus, ce lundi, en même temps que la présidentielle, avec plus de 18.000 mandats électifs à pourvoir. Cette journée était le point d’orgue d’une séquence politique qui a été émaillée de violences.

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Quinze personnes ont péri dans depuis le début de la campagne, selon la police. Dix autres ont été tuées ce lundi en divers points de l’archipel. Dans la plus meurtrière des attaques, sept personnes ont été tuées près d’un bureau de vote et dans une embuscade peu avant l’aube près de Manille.

Les autorités ont estimé que les élections s’étaient déroulées dans un climat pacifique

Dans le sud de l’archipel, où sévissent des milices privées, un électeur a été abattu dans un bureau de vote. A Sultan Kudarat, bastion du plus grand groupe de rebelles musulmans du pays, une vingtaine d’hommes armés ont pénétré dans un bureau et emporté les urnes. Enfin, dans le nord du pays, une fusillade a éclaté entre partisans armés de rivaux politiques, faisant un mort et deux blessés.

Les autorités ont toutefois minimisé l’importance de ces violences et estimé que les élections s’étaient globalement déroulées dans un climat pacifique.