Londres: Le nouveau maire travailliste espère montrer la voie aux jeunes Londoniens issus des minorités

MONDE Sadiq Khan, premier édile musulman d'une grande capitale occidentale, a prêté serment ce samedi au lendemain de son élection…

C.P. avec AFP

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Sadiq Khan prête serment au lendemain de son élection à la tête de la mairie de Londres, le 7 mai 2016 à la cathédrale de  Southwark.
Sadiq Khan prête serment au lendemain de son élection à la tête de la mairie de Londres, le 7 mai 2016 à la cathédrale de Southwark. — Yui Mok/AP/SIPA

Le maire de « toutes les communautés » mais aussi un exemple pour « les Londoniens musulmans et ceux venant d’autres minorités ». Au lendemain de son élection triomphale à la tête de Londres avec 57 % des suffrages face au conservateur Zac Goldsmith, Sadiq Khan s’est exprimé pour la première fois en tant que premier maire musulman d’une grande capitale occidentale.

Servir d’exemple aux jeunes Londoniens

En fin de matinée, lors d’une cérémonie de prestation de serment organisée dans la cathédrale de Southwark, près du Pont de Londres, ce fils d’immigrés pakistanais de 45 ans, a promis de représenter « toutes les communautés » et de « faire en sorte que tous les Londoniens puissent bénéficier des opportunités que notre ville m’a offertes ».

« J’espère que les résultats (de l’élection) encourageront les jeunes, les Londoniens musulmans et ceux venant d’autres minorités, à s’engager dans la société civile et dans la politique », a-t-il ensuite déclaré sur Sky News.

Devant les journalistes, Sadiq Khan a également laissé entendre qu’il souhaitait désormais se consacrer pleinement à la gestion de la ville après une âpre campagne, au cours de laquelle le camp conservateur, et notamment le Premier ministre David Cameron, l’a accusé d’accointances avec des extrémistes islamistes - ce qu’il dément.

>> A lire aussi : Goldsmith vs Khan: Le match pour la mairie de Londres entre le fils d'un milliardaire et celui d'un chauffeur de bus pakistanais

Défis pour le nouveau maire

Député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres, Sadiq Khan succède à la mairie de Londres à l’excentrique conservateur Boris Johnson, à qui l’on prête l’ambition de devenir Premier ministre.

Ancien ministre, ancien avocat, père de deux filles, Sadiq Khan devra répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900.0000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions : logements inabordables, transports saturés et pollution.

Son élection, a souligné l’expert Tony Travers de la London School of Economics (LSE), est un « remarquable signe du cosmopolitisme » de Londres, « ville monde » dont 30 % de la population est non blanche.

Félicitations du monde entier

La victoire « historique » de Sadiq Khan « illustre le visage tolérant de Londres », abondait le Financial Times. « Londres a élu un maire musulman dans un remarquable triomphe sur les tensions raciales et religieuses qui plongent dans la tourmente les autres capitales européennes ».

A l’étranger, la nouvelle faisait la une des journaux pakistanais et les maires de plusieurs grandes villes ont salué la victoire de Sadiq Khan. « Convaincue que son humanisme et son progressisme bénéficieront aux Londoniens ! », a tweeté la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

Aux Etats-Unis, Hillary Clinton, candidate à l’investiture démocrate pour la course à la Maison Blanche, a félicité sur Twitter ce « fils de chauffeur de bus pakistanais » devenu « maire de Londres ».