L'Iran construit un nouveau site nucléaire souterrain

— 

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi le dossier nucléaire "clos" et s'est lancé dans une violente diatribe contre les Etats-Unis mardi lors de la première journée de l'Assemblée générale des Nations-Unies.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi le dossier nucléaire "clos" et s'est lancé dans une violente diatribe contre les Etats-Unis mardi lors de la première journée de l'Assemblée générale des Nations-Unies. — Timothy A. Clary AFP

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, opposition) a affirmé jeudi à Paris que Téhéran construisait actuellement un nouveau site nucléaire souterrain à vocation militaire relié au complexe de Natanz, dans le centre du pays. «Le site est protégé des attaques aériennes. En cas de bombardement de Natanz, il ne sera pas touché», a expliqué un responsable du CNRI, Mehdi Abrichamtchi, lors d'une conférence de presse.
 
Opérationnel «dans six mois»
 
«Le centre atomique est formé d'un vaste espace souterrain relié à deux tunnels parallèles, situés sous la chaîne de montagne Karkass, et connecté par un troisième tunnel» au complexe nucléaire de Natanz, situé à 5 km plus au nord, a-t-il affirmé. L'embouchure des tunnels mesure 6 mètres de diamètres», a-t-il précisé. «Pour conserver le secret du site», l'endroit a été déclaré «zone militaire» et le régime a même «acheté les terres et les grands vergers de la région», a-t-il ajouté
 
Le plan de ce site a été élaboré il y a deux ans, a-t-il encore dit, assurant qu'il serait opérationnel «dans six mois». «L'information que nous avons reçu de l'intérieur du régime montre que c'est un site pour une activité nucléaire militaire», principalement «pour améliorer encore l'enrichissement d'uranium», a assuré Abrichamtchi.
 
Crise de confiance
 
Le 9 juillet, l'Institut pour les sciences et la sécurité internationale (ISIS), groupe d'analyse américain, avait fait état d'images satellitaires de travaux de construction de tunnels à quelques kilomètres de Natanz. Le CNRI avait été le premier en 2002 à rendre public l'existence de sites nucléaires iraniens secrets dans les villes d'Arak et Natanz.
 
Le CNRI a organisé cette conférence de presse au moment où la crise nucléaire iranienne figure au premier rang des préoccupations des grandes puissances lors de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
 
Jeudi, le porte-parole de la présidence, David Martinon, a affirmé que la France «ne croit pas» le président iranien Mahmoud Ahmadinejad quand il affirme que les activités nucléaires de l'Iran sont «pacifiques». Alors que Nicolas Sarkozy avait annoncé mardi vouloir aider tous les pays souhaitant s’engager dans la voie du nucléaire civil, tout en lançant un avertissement à l’Iran, l’Elysée a préconisé jeudi «une autorité de contrôle, avec compétences élargies, pour veiller à ce que les pays dotés du nucléaire pacifique, civil, ne puisse l'utiliser à des fins militaires», selon David Martinon.